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22  DECEMBRE 2007 -JANVIER 2008


Éditorial

 

Le temps des jongleurs

 

Revue
bimestrielle
d'anthropologie
sociale

NOUVELLE  PLATE-FORME

 

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URANIA Diffusion


18 janvier 2008
13h30 - 19h30

Lieu : Maison des associations
11, rue Caillaux. 75013 Paris
Entrée libre


MAU


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L'Astrologie,
entre le normal
et le pathologique

2&3 mai 2008

Lieu : Maison des associations
11, rue Caillaux. 75013 Paris
Entrée libre

 


 

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             Nous sommes en passe de devenir tous des jongleurs, des saltimbanques, des bateleurs,  qui n'auront bientôt plus d'identité que du fait de leur maniement plus ou moins virtuose d'objets morts  auxquels nous entendons  conférer un semblant de vie en les agitant.
           Nous sommes décalés les uns par rapport aux autres dans la mesure où ne vivons pas au présent mais au passé.
           Pour communiquer avec autrui, il importe de se situer dans le présent, partager un même présent car dès lors que l'on se place dans un même espace temps, des convergences se manifestent inévitablement.
            En revanche, dès que le passé envahit le présent, ne serait-ce que par l'écrit, alors, le risque sera grand de produire des juxtapositions car il ne s'agit plus que d'un présent factice, d'une fausse simultanéité, d'une présence de l'absence.
            Il est des moments, donc, où le présent est réduit à la portion congrue, où chacun vit dans sa sphère, dans son histoire et il en est d'autres où il est plus facile d'être vraiment ensemble. Etre ensemble, cela signifie éviter tout ce qui fait obstacle à la communication, à commencer par toute interférence du passé. Or, dès qu'il y a colloque,  sous une forme ou sous une autre, le risque est grand que chaque intervenant n'arrive avec "son " texte, qu'il va lire, sans guère tenir compte de ce qui a été dit avant lui.
            Il est vrai que la plupart des spectacles sont marqués par une telle façon d'agir on est dans la répétition au nom d'une recherche de perfection, de "bonne" présentation, on sait qu'un texte imprimé fait plus sérieux qu'un texte manuscrit ou qu'un propos tenu oralement. On ne nous demande plus désormais que de signer d'un autographe, en bas de la page. D'ailleurs, ce qui est manuscrit ne peut être numérisé sinon en tant que dessin.  Pour notre part, nous préférons l'authenticité à la perfection ou au "beau". Mais cette "vérité" ne doit pas non plus être faite de récits ressassés du passé, comme c'est trop souvent le cas, qui font fonctionner plus la mémoire qu'un  vrai rapport émission/réception.
            Communiquer, c'est faire quelque chose en commun et non pas produire un certain nombre de discours déconnectés les uns par rapport aux autres, aussi parfaits soient-ils.
            Au niveau musical, cela signifie produire un son en commun, un seul son qui soit la résultante des sons de chacun et cela ne peut se faire que dans le présent.
            En ce sens le présent nous semble plus "sain" que le passé mais aussi que le futur. Il faut éviter que le présent soit envahi tant par l'un que par l'autre, au risque de la cacophonie. Le passé, parce que nos passés nous séparent. Le futur, parce qu'il est souvent marqué par le passé, qu'il en est une projection.
            Réhabilitons, donc, le présent et protégeons-le! Faisons confiance au présent qui a vocation à nous unir quand nous "travaillons" ensemble, de façon collégiale, chorale, sans  recours à un quelconque écrit, sans  faire effort de mémorisation. Et ce d'autant que ce qui vient d'ailleurs, d'un autre temps,  n'est jamais attribuable à coup sûr à celui qui s'en veut le porteur.
            D'ailleurs, grammaticalement,  le passé et le futur dérivent du présent, ils n'en sont que les prolongements, puisque le passé n'est qu'une dérive du présent, le souvenir d'un certain présent qui n'est pas celui du voisin.
            Le présent est le lieu de l'oralité et il est convivial : on ne parle pas tout seul alors que l'écriture se prête à l'isolement, elle n'est d'ailleurs au mieux qu'un aide-mémoire, en style plus ou moins télégraphique,  et ne saurait prétendre à représenter l'intégralité du discours. Un écrit devrait toujours se situer entre deux oralités, celle qui le précède et celle qui lui fait suite, ce n'est pas une fin en soi et cela exige toujours un commentaire.  L'écrit, c'est de l'oral en hibernation. Il faut passer par une phase de ré-animation ou de transition comme lorsque l'on a plongé.  Nos sociétés permettent une pléthore d'écrits sur Internet alors que seuls quelques élus ont droit à la parole, on retrouve là la hiérarchie entre ceux qui utilisent leur bouche et ceux qui n'ont droit de se servir que de leurs mains et sont, en quelque sorte, réduits au mutisme, étant exclus de fait de toute vraie communication qui ne peut qu'être orale, étant entendu que nous excluons de l'oralité toute lecture d'un texte préétabli. Il y a beaucoup plus de gens qui savent lire qu'il en est qui sachent communiquer et échanger.
            Celui qui sait lire "à voix haute" est aisément formatable, il sera en mesure de véhiculer tout message qu'on lui confiera mais ce message sera nécessairement décalé par rapport à tout autre contexte que celui pour lequel il aura été conçu. Il est étonnant de constater que rien ne ressemble plus de loin à un discours spontané qu'un discours préétabli et cela devrait  nous montrer à quel point nous sommes vulnérables à l'imposture. L'écrit permet au geai de se parer des plumes du paon. Le comble est peut-être un orchestre qui de loin ressemble à un groupe s'exprimant en toute liberté alors qu'en réalité tout est minuté, répété et alors que ses membres ne s'expriment qu'au travers de prothèses instrumentales. Un singe apprendra plus aisément  à jouer du piano qu'à chanter ou à siffler car on peut montrer à un singe comment bouger ses mains mais non comment produire un son si ce n'est en se servant d'un instrument  à vent, où les mains joueront également leur rôle, ces mains qui remplacent des fonctions internes comme pour le sifflement où la modulation sonore n'implique pas le recours aux dites mains. Rappelons que notre apprentissage sonore fait appel à une conscience de notre fonctionnement interne en remontant du résultat entendu vers les moyens de le produire et non à un usage d'un quelconque équipement externe.  Il semble que les jeunes enfants soient capables de distinguer entre les sons que nous produisons "naturellement" et ceux qui exigent un objet : instrument de musique, lecteur de CD,  télévision ou tout simplement le fait de taper sur un objet.  L'enfant sait aussi faire la différence entre la signification de ce qui émane de lui, notamment par  ses cris, par ses larmes et de ce qui passe par un quelconque truchement matériel, par un jouet, une poupée.. On n'imagine pas un enfant utilisant une machine qui pleure ou crie à sa place! Mais cela pourrait arriver un jour....
            La main est le membre qui tient le masque que l'on met devant son visage. Elle est le vecteur de toute aliénation et en même temps elle représente l'autre, elle est notre altérité et c'est en ce sens que l'Homme est un être hybride et contradictoire quand il place sa main et sa bouche au même niveau. La main est l'instrument de toutes les impostures, elle fait passer le récepteur pour l'émetteur. Quand j'offre à quelqu'un un cadeau manufacturé, c'est pour faire oublier mon impuissance. C'est avec la main, les bras que nous prenons, que nous (trans)portons, que nous (nous) tenons, que nous avouons notre dépendance, notre manque d'autonomie, d'équilibre : tiens-toi à moi! Le langage est riche de verbes indiquant ce que nous devons à autrui, ce que nous convoitons en lui, en fait, il est truffé de mots indiquant la possession, l'appropriation de ce qui n'est pas à nous et dont nous nous emparons : comprendre, apprendre, contenir, retenir, comporter, emporter etc. Si ces trois radicaux sont liés aux mains, en revanche, le radical venir est associé aux jambes et aux  pieds, implique un certain déplacement dans le temps et dans l'espace, au propre comme au figuré : parvenir,  survenir etc. On nous affirme que les mains furent un progrès considérable pour l'évolution du genre humain mais quelle en fut la "motivation" initiale? Se tenir aux branches? Nous pensons plutôt que ce fut un prolongement du ventre de la femme, ce qui permit à l'enfant de venir au monde plus tôt puis d'être porté dans les bras, ce qui expliquerait pourquoi nous naissons tous quelque peu prématurés et que notre "vraie" naissance a lieu quand nous ne sommes plus portés. Selon nous, la logique première de l'homme était le progrès par son propre corps qu'il fallait faire évoluer et non par le raccourci de quelque objet extérieur. Si nous avons des bras aussi longs, c'est bien parce que nous n'avons pas utilisé trop tôt des bâtons pour atteindre notre cible.
            Nous en sommes encore au niveau de la communication au stade du troc : chacun apporte son objet pour l'échanger sans qu'il y ait véritablement une monnaie commune.
            Le présent porte en germe tout le passé et tout l'avenir. Il est donc, par excellence, le temps de la vraie rencontre, de l'authenticité, à condition, toutefois, que cela ne soit pas parasité par une quelconque forme de prothèse.

Jacques Halbronn  05. 12. 07

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au lendemain du 60e Colloque MAU pour le 60e anniversaire de J. Halbronn "Astrologie et Musique. Mode d'emploi"

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