LA GUERRE DES CONJONCTIONS SATURNIENNES.

 

Par Jacques Halbronn

 

            Pour la première fois, depuis des millénaires, les astrologues ont la possibilité d’assister à un moment clef avec les outils prévisionnels adéquats. Jusque là, ce n’était pas le cas du fait de l’imprécision de leur langage, du fouillis de leurs données astronomiques. On retrouve ainsi la situation qui existait il y a encore cinq cents ans avec les grandes conjonctions Jupiter-Saturne. Mais un tel modèle n’était viable que sur un plan très général, à savoir l’importance accordée à une conjonction et qui plus est à une conjonction dont Saturne était un facteur constitutif.

            Mais, dans le système Jupiter-Saturne, Saturne - qui se reforme tous les 20 ans mais avec des supercycles de 800 ans du fait de la prise en compte des Quatre Eléments- jouait le rôle du facteur le plus lent alors que dans le système PEF, Saturne est l’élément rapide comme c’est le cas aussi pour la conjonction Saturne- Neptune chère à André Barbault et qui se reforme tous les 36 ans, où le lent Neptune, découvert en 1846, prend la place d’une étoile fixe connue de tout temps...Entre ces trois systèmes un point commun, donc : Saturne.

            Comme nous le disions, il y a le problème des composantes célestes de « la » conjonction de référence mais il y a aussi les attributions assignées à la dite conjonction.

            Arrêtons-nous sur la question de la durée des phases et sur leur découpage interne. Pour le système PEF, les phases sont de sept ans car Saturne est associé à quatre étoiles fixes distantes entre elles, très grosso modo, - il ne s’agit pas d’un simple repérage mathématique mais d’astres bien réels et bien visibles - d’environ 90°. Pour les conjonctions Jupiter- Saturne, l’idée née au Xe siècle était d’établir un super-cycle et non comme nous l’avons fait un sous-cycle/

            Grave question que de savoir si l’unité astrologique de temps est brève ou longue. Pour notre part, nous considérons que la durée d’une phase ne saurait dépasser sept ans et que l'astrologie n’a que faire de périodicités et de cyclicités plus étendues. Nous rejetons donc aussi bien les 20 ans du cycle Jupiter-Saturne que les 36 ans du cycle Saturne-Neptune en introduisant des phases de 7 ans marquées par un découpage du cycle en quatre conjonctions, ce qui signifie qu’il faut – dans le système PEF- attendre 7 ans entre chaque conjonction saturnienne et non 20 ou 36 ans.. Rappelons que pour nous la seule configuration céleste produisant un véritable signal est la conjonction. Entre deux conjonctions, c’est plutôt l’absence de signal qui serait significatif, aucun aspect autre que la conjonction ne pouvant, à nos yeux, être perçu comme un signal céleste, il faudrait plutôt parler d’un anti-signal.

A la veille d’un nouveau rendez-vous de Saturne avec l’une de « ses » quatre étoiles tutélaires, à quoi les astrologue doivent-ils s’attendre ?

Si l’on en croit la longue chaîne de conjonctions qui ont précédé, les temps seraient favorables au renforcement des structures supranationales. Et nous pensons à un progrès majeur sur l ‘Union Européenne – mais aussi pour la zone euro-.. qui efface la déconfiture provoquée par les noms français et néerlandais en 2005. En avril 2005, le non français correspond à un Saturne à 21° du cancer, ce qui est typique d’une (anti)phase disjonctionnelle. Demander aux français de voter dans un tel contexte dépourvu de signaux unificateurs nous apparaît bel et bien comme une aberration due d’ailleurs au fait que les astrologues n’avaient pas été en mesure de conseiller valablement le président de la République d’alors Jacques Chirac. Deux ans plus tard, les configurations ont radicalement changé et l’on a assisté dans la nuit du 22 au 23 juin 2007 à l’émergence d’un consensus fort, strictement à l’opposé de ce qui fut vécu en 1989, qui fut avant tout une résurgence – en phase disjonctionelle - des différents nationalismes, amortis par la chape de plomb soviétique. Insistons sur le fait que le poids de l’astrologie en tant que phénomène est bien plus déterminant en phase de convergence que de divergence, et que ce sont les faits qui soudent les ensembles qui sont en accord avec la conjonction et non l’inverse. Rappelons que nombre des Etats qui s’émancipèrent en 1989 se retrouvent au sein de l ‘Union Européenne, dans le cadre d’une nouvelle alliance dominée par l’Ouest et non plus par l’Est..

Nicolas Sarkozy semble avoir surfé – sans le savoir consciemment - sur l’esprit conjonctionnel, parvenant ainsi à effacer la dissonance française de 2005. Il faut assurément voir dans ces événements de la fin juin 2007 une validation du système PEF du fait de la qualité d’une formulation qui ne se satisfait pas d’expressions comme « capital » ou « décisif.. Il ne s’agit nullement d’aller voir dans le thème du président si les astres lui sont ou non favorables en ce moment mais bien de constater que celui-ci est en phase avec le dit moment, d’où une certaine possibilité d’entraînement des autres responsables européens, notamment Tony Blair et Angela Merkel, compte tenu du fait que la France avait une revanche à prendre. 2007 efface ainsi 2005, en en prenant le contre-pied ; ce qui correspond à la dialectique conjonctionnel/disjonctionnel. .

Désormais une prévision astrologique digne de ce nom devra indiquer le sens de l’événement et le resituer par rapport à une chaîne d’événements du même ordre et pas seulement correspondant à une même configuration astrale. Insistons sur le fait que les conjonctions prises en compte dans le système PEF n’existent même pas au regard des autres systèmes et vice versa sauf recoupements totalement fortuits et dont certains astrologues seraient tout disposés à tirer quelque « confirmation »..

D’autres phénomènes unitaires devraient se manifester d’ici la fin de l’année, un peu partout dans le monde. Rappelons qu’il y a 35 ans, en juin 1972, fut signé entre socialistes, communistes et radicaux de gauche, le fameux Programme Commun qui fit tant couler d’encre, alors que Saturne venait juste de passer sur Aldébaran, en Gémeaux.. Il connut un second souffle en 1978, lors du passage de Saturne sur Régulus – comme c’est le cas actuellement - et cela fut la première fois que l’on envisagea la cohabitation à la veille d’élections législatives qui ne permirent d’ailleurs pas à la gauche de l’emporter. En, juillet 1984, les communistes quittent le gouvernement socialiste en phase disjonctionnelle, lors de la formation du gouvernement Fabius. : Saturne transite le premier décan du scorpion, on est encore loin de la conjonction Saturne-Antarés à 9° Sagittaire. Lorsque la conjonction se produira, la première cohabitation se mettra en place, typique d’un moment conjonctionnel. Mars 1986, Jacques Chirac devient Premier ministre de François Mitterrand ; Saturne est exactement conjoint à Antarés. En mars 1993, la nouvelle cohabitation Droite-Gauche a lieu 7 ans plus tard, donc également en situation conjonctionnelle – Edouard Balladur devient Premier Ministre sous Mitterrand -mais cette fois au tout début des Poissons (étoile fixe : Fomalhaut). Un autre type de cohabitation, électorale, celui-là, survint lors des présidentielles de 2002 quand la gauche s’obligea à voter Chirac face à Jean –Marie Le Pen (FN), en raison de l’arrivée de Jospin en troisième position. Saturne transitait alors Aldébaran. Les résultats du second tour des législatives, en juin 2007, a donné un résultat somme toute plus équilibré que l’on pouvait le craindre, ce qui dénote une volonté des Français d’aller dans le sens de certains compromis. Mais, de grâce, gardons-nous de tout nominalisme consistant à vouloir que l’usage de tel mot pour désigner un certain type d’événement - en l’occurrence le mot cohabitation – implique une configuration astrale équivalente. La cohabitation peut être en vérité aussi bien l’expression d’une volonté d’union que les conséquences d’une prise de risque – ce qui caractérise la disjonction - dont l’adversaire peut bénéficier si l’occasion inespérée s’offre à lui. Ce fut le cas, comme chacun sait, en 1997 alors qu’aucune échéance électorale n’imposait d’élections.

Insistons sur le fait que tout événement doit être confronté avec un événement en sens contraire et correspondant à une configuration astrale de nature opposée.. Mais rappelons que la disjonction n’est pas un phénomène astrologique stricto sensu, qu’elle n’en est que le contrepoint virtuel et aléatoire à l’instar d’un péril qui peut se concrétiser ou non.

Que dire en ce qui concerne d’autres parties du monde face à cette même prochaine conjonction de Saturne au début de la Vierge ? Il faut s’attendre à un certain dépassement plus ou moins spectaculaire de certains clivages que l’on aurait pu croire définitifs. La surprise pourrait venir d’alliances improbables impliquant Israël, comme un certain rapprochement avec certains Palestiniens aujourd’hui terriblement divisés. En Irak, l’on se doit d’être relativement optimiste en ce qu’une certaine unification est probable quand bien même serait-elle obtenue par la force ou la contrainte. L’on pourrait s’entendre à l ‘émergence de logiques fédérales pouvant aller très loin comme dans le cas d’une apparemment incroyable association entre Iran et Irak.

Il ne faudrait évidemment pas imaginer que tous les problèmes pendants seront réglés lors de cette conjonction Saturne-Régulus. Dans certains cas, l’occasion sera manquée ou gâchée et cela sera alors pour une prochaine fois dans sept ans ou quatorze. Et bien entendu, lors de la phase disjonctionnelle qui suivra, certains acquis conjonctionnels ne manqueront point d’être (re) mis en cause. L’on pense à 2010 quand Saturne sera au milieu de la Balance.. Mais quand bien même, le processus conjonctionnel serait entravé quant à son impact, l’observateur sera toujours en mesure d’en reconnaître l’existence de la même façon que l’on constate qu’il pleut à torrent ou qu’il règne une chaleur torride même quand on s’est mis à l’abri.

Cette notion de rapprochement, synonyme de conjonction – de ce qui vient se joindre –doit contribuer à une certaine simplification de la carte politique, du fait des unions de toutes sortes qui peuvent se manifester, quel que soit le procédé employé – par la force ou la diplomatie – pour y parvenir. Période favorable à toutes sortes de décloisonnements un peu partout dans le monde, avec des intensités et des résultats certes bien divers. Ceux des Etats et des régions qui échapperont à un tel mouvement se placeront en dehors d’un certain progrès même si dans l’immédiat certains rapprochements semblent durs à digérer. Ajoutons que ces moments que nous décrivons sont d’assez brève durée mais qu’ils ne se limitent pas à un certain jour d’un certain mois. C’est une astrologie à l’échelle de l’Homme parce que conçue par l’Homme pour l’Homme. Inversement, une astrologie qui se servirait de durées plus longues, à savoir sur une ou plusieurs décennies, serait anthropologiquement surdimensionnée comme l’est d’ailleurs une grande part de l’astrologie contemporaine avec ses ères et ses cycles séculaires. Il ne s’agit ni d’une astrologie au jour le jour, ni d’une astrologie à long terme mais bien d’une astrologie citoyenne, en écho avec les rythmes fournis par les textes constitutionnels depuis la fin du XVIIIe siècle..

            D’autres astrologues ont d’autres outils qui leur font désigner d’autres moments encore que par coïncidence, plusieurs systèmes soient susceptibles de se recouper, ce qu’il ne faudrait pas prendre pour une quelconque confirmation que la date ainsi doublement désignée soit ainsi validée. 2012 est souvent proposé, comme le rappelle Patrick Giani [1]  :

« Sans doute avez-vous entendu parler de 2012 ? Non pas des Jeux Olympiques qui devraient se tenir à Paris, mais de cette échéance cosmique dont parlent certains auteurs comme Claude Tracks dans son livre « Les dernières pièces du puzzle ou Objectif 2012 » (Ed. Communicaire) ou André Barbault à propos du carré des planètes lentes en signes cardinaux de 2010

 Introduction à l’Astrologie mondiale » Ed. Du Rocher). »

Dans le système PEF, nous ne sommes pas en phase conjonctionnelle en 2012. Il ne faut donc pas s’attendre à autre chose qu’à une certaine crise des grands ensembles et à l’émergence de séparationismes de toutes sortes en divers lieux de notre planète Terre.          Mais il ne s’agit que d’un risque qui peut et doit être évité et non d’une nécessité qu’il faut appeler de ses vœux.. Rappelons que parler de risque ne signifie pas qu’il se passera forcément quelque chose, il faut avant tout se montrer vigilant ; il y a à coup sûr une certaine vulnérabilité à considérer et comme dit La Fontaine « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise ». (Perrette et le pot au lait).

            Mais les « primaires » entre les divers systèmes astro-conjonctionnels se situent aussi sur d’autres plans, au niveau sémiotique, au niveau anthropologique. Pour notre part, il est sage de renoncer à toute combinatoire impliquant une trannssaturnienne et à tout signal qui ne correspondrait pas à quelque chose de visible pour nos aïeux. Les signaux doivent être aussi simples que possible mais comme on dit « petites causes, grands effets » alors que chez de nombreux astrologues, la règle semble devoir être inversée ; grandes causes, petits effets comme si la montagne accouchait d’une souris en débouchant sur des formules par trop simplistes comme ‘bon » ou « mauvais », « grave » ou « pas grave ».

Ironie du sort, avec l’euphorie liée aux prévisions liées au cycle Saturne-Neptune, André Barbault [2] -lâchant la proie pour l’ombre - semble bien avoir relégué à un rôle secondaire l’ « indice de concentration des planètes lentes » ou indice cyclique qui nous apparaît au contraire comme une contribution majeure mais qu’il convient, comme il le reconnaît lui-même, de « rendre » à Henri Joseph Gouchon, que nous avons bien connu. Il faudrait rééditer en fac simile les numéros d’une publication annuelle de l’auteur du Dictionnaire Astrologique, constamment réédité [3] , devenue introuvable : Prévisions mondiales pour l’année 1946 (1947, 1948, 1949)

Il y a chez Gouchon une idée géniale qui est d’opposer à la concentration des planètes leur dispersion, c’est à dire en fait un état informel, de lâcher prise. Nous ne le suivrons certes pas sur le rapprochement qu’il fait entre concentration et guerre même si ‘adjectif « mondiale» importe plus ici que le mot guerre. Pas plus que sur le recours à des planètes transsaturniennes ou le non recours aux étoiles fixes.. Mais Gouchon n’en reste pas moins un précurseur de notre démarche même s’il cherchait au départ à déterminer par la concentration des planètes lentes sur un espace zodiacal étroit les « mauvaises périodes que traverse le monde » . Gouchon y voit des indices d’ « anomalie ». Ce n’est pas notre position car pour nous la conjonction est la marque d’une norme, d’une programmation et c’est la disjonction qui généré des « anomalies ». Il est vrai que pour quelqu’un qui vient de subir les affres de l’Occupation allemande, il ne saurait être question de trouver « normale » l’invasion nazie de l’Europe. Mais de nos jours, avec l’Union Européenne, et les transformations « paisibles » de la fin des années Quatre Vingt en Europe de l’Est notre regard rétrospectif sur l’Histoire du continent a sensiblement changé [4] .. On ne répétera jamais assez que dans tel ou tel systéme, il y a à prendre et à laisser et que sous prétexte que telle idée est intéressante, l’on n’est pas obligé d’ahèrer à toutes les idées et pratiques de son auteur, lesquelles ne s’articulent d’ailleurs pas forcément entre elles. Sous les noms d’astrologie humaniste, conditionaliste ou autre l’on nous propose un package deal qui est à prendre ou à laisser.

           

JH

22. 06. 07



[1] « L'échéance de 2012 »,  n°54 de Ganymède

[2]   Les Astres et l’Histoire, Paris, Pauvert, 1967, pp. 32- 33, ouvrage paru  au moment où nous commencions notre périple astrologique.

[3]   Chez Dervy

[4]  « L’astrologie, entre le hasard  et la nécessité », GC 19

 

 


 
Web www.grande-conjonction.org

accueil