L’INFLUENCE DU FRANÇAIS SUR L’ANGLAIS

PAR DELÀ LA QUESTION LEXICALE

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Par Jacques Halbronn

 

 

            L’on peut certes être tenté d’affirmer que l’Anglais constitue un progrès par rapport au français en ce qui concerne la simplification des règles d’accord, notamment le traitement similaire du singulier et du pluriel, du masculin et du féminin. Mais à quoi tient réellement un tel processus ? Nous voudrions montrer qu’il est déjà largement à l’œuvre en français et que sans un tel état antérieur, l’Anglais n’aurait pas l’aspect qu’il a acquis.

            Par rapport aux autres langues latines, le Français se distingue précisément par la légèreté relative de ses marqueurs suffixaux, ce qui conduit souvent les étrangers ou les novices en cette langue à ne pas immédiatement savoir de quoi et de qui il est question quand un locuteur francophone s’exprime. Or, ce même flottement est une constante de l’Anglais.

            Le locuteur francophone n’a que rarement conscience des subtilités phoniques de la langue qu’il pratique. Pour lui, les marqueurs français du pluriel et du genre sont tout à fait obvies. Mais il n’en est pas de même pour un observateur extérieur habitué à des langues beaucoup plus explicites.

            On ne s’étonnera donc pas que les emprunteurs anglais au Français n’aient pas toujours su capter l’importance de marqueurs souvent bien ténus et qu’ils en aient accentué le peu de visibilité, se construisant ainsi l’idée et l’image d’une langue qui non seulement ne se déclinait pas mais qui encore se conjuguait et s’accordait à peine..

            Ce n’est pas, en effet, dans le fonds germanique de l’Anglais qu’il convient d’aller chercher les raisons de la discrétion des marqueurs de cette langue.

            Cela dit, l’Anglais s’il a été - par inadvertance - au-delà de son modèle sur certains points sera resté sensiblement en deçà sur d’autres.

            Encore faudrait-il distinguer entre la dimension écrite des marqueurs et leur dimension orale. Tantôt l’emprunt de l’Anglais est à situer au niveau d’une perception orale du Français tantôt, au contraire, de sa perception écrite.

            La conjugaison est un bon exemple d’une influence orale du Français sur l’Anglais. Chacun sait que le verbe anglais est invariable quelle que soit la personne, sauf dans le cas de la troisième personne du singulier, qui comporte, mais seulement au présent ; l’ajout d’un « s ». qui se prononce. Les formes du singulier français sont du moins à l’oreille identiques tant au présent qu’à l’imparfait. D’ailleurs, le suffixe « ed » est issu du passé composé français. Il ne semble pas que l’influence française ait concerné le futur beaucoup plus différencié en français que le présent ou le passé. D’ailleurs, l’anglais a réduit le futur à l’usage d’un auxiliaire précédant le verbe invariable.

             En ce qui concerne la conjugaison française au pluriel, elle n’est pas sans rapport avec celle du futur, si ce n’est qu’à la troisième personne, la finale en « ent » (chantent/chantaient) face à chanter/chantait ne s’entend pas et est assimilable au singulier, tant au présent qu’à l’imparfait. Qui distingue à l’oreille « il chante « et « ils chantent » ?

            Passons aux marqueurs de genre : le français distingue souvent très subtilement le masculin du féminin en ce qui concerne les adjectifs. On est loin des suffixes en « a » et « o » ou de codes du même ordre, propres à diverses langues. Le féminin français est surtout caractérisé par l’audition de la consonne finale absente au masculin. ( grand/grande) et généralement l’anglais a choisi le mode féminin, ce qui implique ici plutôt un emprunt de l’écrit et non de l’oral.

            Cependant, il existe nombre d’adjectifs français qui peuvent être qualifiés de neutres, c’est à dire sans distinction écrite ou orale entre les genres : en voici une liste non exhaustive : riche, pauvre, stupide, agréable, simple, juste, étrange, immense, habile, ordinaire, sympathique, susceptible, austère, vulgaire etc, etc . Nous pensons que c’est une telle série qui aura marqué le marqueur de genre de l’anglais et ce bien au delà du seul lexique français emprunté.

            En ce qui concerne le marqueur du pluriel pour les noms et les adjectifs, l’on a en français de nombreux cas où la distinction est inexistante, tant à l’écrit qu’à l’oral. On pense à la série en en « eux » et « ieux « : dangereux, valeureux, fameux, curieux, vertueux, vigoureux, sérieux, mystérieux, précieux, laborieux, ingénieux , vicieux , anxieux etc qui ne distingue pas le masculin singulier du masculin pluriel. Ce qui a donné les mots anglais invariable : dangerous, valorous, famous, curious, vertuous, vigorous, serious mysterious, precious, laborious, ingenious, vicious, anxious etc. Le français a bien d’autres mots de ce type qui ne sont pas entrés ou restés en anglais comme heureux, peureux, vieux..

Signalons aussi le cas des adjectifs issus des adverbes français, lesquels se construisent à partir de la forme féminine de l’adjectif, ce qui explique la féminisation de nombre d’emprunts au français. Positive/ment, active/ment etc qui ont donné positive/ly , active/ly en situation d’invariable.

            D’ailleurs, d’une façon générale, l’Anglais choisit la forme féminine du français comme forme neutre puisqu’il prononce les mots français sur le mode féminin. Cette façon de faire, dictée par l’emprunt écrit, est manifeste en ce qui concerne la marque du pluriel des noms, à savoir l’adjonction du « s ». Dans ce cas, force est de constater que l’Anglais a manqué l’occasion de renoncer au marqueur pluriel : il aurait pu en effet s’aligner sur la pratique orale du français qui est celle de la neutralité, tant et si bien que seul l’article permet de décider si l’on est en face d’un singulier ou du pluriel, du moins à l’oral.

             Quant au marqueur de genre et de nombre propre à l’article défini français, notons qu’il reste assez discret et notamment face à un nom ou un adjectif commençant par une voyelle, au quel cas l’on a simplement une apostrophe à la place de la voyelle de l’article , ce qui apparente l’apostrophe à un accent remplaçant non pas une consonne mais une voyelle. « l’ ». Même la différence entre « le » et « les » reste phonologiquement assez ténue aux oreilles non françaises qui souvent d’ailleurs ignorent le « e » français, ce qui est notamment le cas des autres langues latines. Dès lors que l’on distingue difficilement « le » et « les », l’on passe aisément vers une forme neutre qui se retrouve dans le « the » anglais.

            Ajoutons que le pronom « lui » dans la phrase : « je lui ai demandé » ou « je l’ai invité » vaut aussi bien pour un homme que pour une femme alors qu’en anglais l’on dira « him » ou « her »,selon les cas. C’est dire qu’en terme de « neutralité », le français n’a pas de leçons à recevoir de l’anglais… Ajoutons qu’en français le possessif ne dépend pas du possesseur mais du genre du mot. Il / Elle aime sa mère/ He loves his mother, she loves her mother.

            En conclusion, l’on aura compris que l’Anglais n’aura fait qu’accentuer certains traits du Français en matière de marqueurs et qu’il les aura étendus bien au-delà de l’emprunt lexical, ce qui montre que l’influence française en anglais ne saurait se réduire au champ des mots, même si l’on trouve en effet en anglais un traitement différent du verbe d’origine française et du verbe d’origine germanique, avec l’absence du marqueur « ed » pour marquer le passé de la plupart des verbes non français d’origine, encore qu’existent des exceptions comme pour le célèbre wanted.

            Rappelons que selon nous, l’on peut dire qu’en ce début de XXIe siècle, l’on peut dire que le monde parle français. L’on peut certes s’ingénier à élaborer des théories psycholinguistiques pour masquer ce fait en optant pour une théorie biaisée de la langue. Il semble en effet que toute une partie du discours linguistique ait ainsi poursuivi, sous des apparences scientifiques, un processus visant à légitimer une véritable usurpation. Toutes proportions gardées, il y a dans la façon dont les anglo-saxons se sont approprié le français des similitudes avec les rapports entre judaïsme et christianisme, lequel, sous couvert de simplification, a prétendu déboucher sur une nouvelle religion [1] .

            Parler, par exemple, de « faux amis » ou insister sur le fait qu’un mot n’a pas le même sens dans les deux « langues », c’est oublier qu’en tout état de cause, un mot ne peut être appréhendé que dans le contexte où il apparaît et qu’en soi le mot ne revêt qu’une signification très générale qui reste toujours à préciser, à décanter et à cerner sauf dans le cas d’objets bien spécifiques qui, selon nous, se situent en marge du processus linguistique stricto sensu, qui concerne non pas l’objet mais la façon dont celui-ci est qualifié au moyen d’adjectifs, d’adverbes, de verbes, de pronoms, de formes affixées - préfixées et suffixées – à partir d’adjectifs et de radicaux verbaux, notamment. Le nom- sous sa forme la plus ponctuelle et isolée - qu’il soit commun ou propre - occupe parmi les mots d’une langue un statut inférieur, ancillaire, celui de l’objet par opposition au sujet,, ce qui explique notamment que les noms de lieux, les noms de famille gardent, peu ou prou, leur forme d’origine. sans que l’on s’en formalise. Les langues- comme les sociétés d’ailleurs – seraient à deux vitesses.

 L’enfant va demander « comment ça s’appelle ? » comme on dit « comment t’appelles-tu ? » - et dans une traduction, ce n’est certainement pas ce qui est le plus difficile à rendre ! on sait ou on ne sait pas - même pour une machine, dès lors que l’équivalent existe dans la langue vers laquelle on traduit. Insistons sur ce point : les noms ne sont en aucune façon ce qui constitue le squelette d’une langue mais ils en sont, en quelque sorte, la chair.

 Comme nous l’avons montré dans de précédentes études ( [2] ), il convient de ne pas inclure dans une langue – quand on fait des statistiques- les mots isolés et souvent communs à toutes les langues - mais de retenir avant tout le « cœur » de chaque langue. Il ne s’agit pas, non plus, soulignons-le, de compter le nombre de locuteurs de telle façon de pratiquer une langue mais bien de considérer la langue matricielle, par delà ses divers dialectes. Or, linguistiquement, l’anglais est du français mâtiné d’un reste de fonds germanique qui peut aisément d’ailleurs être évacué sans perturber le fonctionnement de celui-ci, ce qui conduit à ce que nous avons appelé le Novel French (NF), voué à devenir la langue du IIIe millénaire.. Grâce, en tout cas, au relais anglais, le monde parle une langue qui s’enracine profondément dans la culture française, il est le « pétrole » de la France, et une énergie qu’il faudra bien tôt ou tard faire payer car on voit mal pourquoi un Etat bénéficierait des ressources de son sol, dont la constitution est bien antérieure à l’avènement des Hommes tels que nous les connaissons aujourd’hui et non pas de sa culture qui fait partie de son Histoire.

            Les langues ont mis en place des procédés d’intégration qui ont été largement décrits par les linguistes et qui alimentent largement une certaine mystique. Qui oserait, de nos jours, contester que chaque langue est une entité à part, observation plus tangible que toute autre affirmation concernant les peuples, les races voire les religions. Il suffit de lire, d’entendre une langue pour se persuader qu’elle est, comme toutes les autres, irréductible à aucune autre.

            Notre démarche vise à signaler sinon à dénoncer les procédés qui viennent sous-tendre et étayer de telles considérations visant à faire de chaque langue un espace quasiment sacro-saint, au grand dam de toute investigation scientifique encore que précisément la linguistique ait été largement complice d’une telle illusion.

            En vérité, rien n’est plus simple que de créer une nouvelle langue ; il suffit de bien peu de choses : on change quelques règles par-ci par-là et voilà, en deux trois mouvements, une langue qui ne ressemble à aucune.

            Deux principes doivent être respectés pour que la recette « marche » comme il faut : d’une part, que la langue en question se distingue au point de ne plus être aisément compréhensible par les étrangers à la dite langue et d’autre part –ce qui va d’ailleurs de pair quand on y pense – que la langue offre une apparence d’homogénéité, quand bien même aurait-elle emprunté à gauche et à droite.

.En fait, il y a des langues qui sont à la fois faussement originales et faussement homogènes. Et l’Anglais est à la fois un exemple et un cas exemplaire d’un tel phénomène.

L’Anglais, à notre avis, doit beaucoup à ce que l’on pourrait appeler une « sauce » anglaise. La sauce permet de couvrir visuellement des produits différents et de conférer à l’ensemble un seul et même goût, de le « couvrir » d’ une seule et même odeur..

            Toute la magie de l’anglais est dans sa prononciation et c’est pourquoi il est si pénible d’entendre parler anglais des personnes – de plus en plus nombreuses comme chacun sait- dont ce n’est pas la langue maternelle. Plus que toute autre langue, à notre connaissance, l’anglais a besoin d’un bon maquillage et d’ailleurs les femmes anglaises accordent la plus grande importance à la qualité et à la netteté de leur make up.

            Qui d’autre qu’un anglophone de naissance serait capable de manier avec élégance une langue par elle-même aussi lourde, aussi hétéroclite, ce que vient d’ailleurs aggraver le penchant des Anglais pour les adverbes dont ils font, même oralement, la plus grande consommation, à l’instar de cet exasperatedly [3] qu’il faut savoir « dire » d’une seule traite comme si de rien n’était., et qui correspond au français « exaspérément », qui semble faire moins problème. Signalons aussi cet « indefatigable » pour le français infatigable.

 Tout cela exige du temps pour parvenir à l’effet souhaité…

            Ce niveau de « cohèrence » de la langue ne se situe nullement au niveau du signifiant : nous avons signalé (in GC) le caractère discontinu et hybride du lexique anglais comme ce Life qui cohabite avec survive, ce End qui s’associe à Finish, ce Take qui ne craint pas de se prolonger en surprise etc, etc

            La grammaire ne parvient pas davantage à unifier cette langue, d’abord parce qu’elle est très pauvre en déclinaisons et conjugaisons et ensuite parce qu’elle comporte des verbes obéissant à des régimes fort divers, aucun suffixe ne marquant systématiquement l’imparfait comme c’est le cas en français, l’anglais recourant tantôt au « ed » , tantôt à des changements vocaliques au sein du radical en gardant le même schéme consonantique. Mais reconnaissons que le maintien du « s » final, comme marqueur quasi systématique du pluriel et de la troisième personne du singulier, à l’indicatif présent, confère à l’ensemble un certain climat sifflant inconnu du français.

             En fin de compte, ce qui confère à l’Anglais son unité dépendrait totalement du locuteur qui parvient à conférer -ou non- cette impression. C’est dire que l’anglais écrit n’offre une telle sensation d’harmonie que si on y plaque d’emblée mentalement une dimension orale.

             Nous dirons que le génie de l’anglais se situe beaucoup plus en aval que celui du Français et d’ailleurs son émergence au niveau international se situe, elle aussi, en aval par rapport au Français.

             On ne sera donc pas surpris de voir la linguistique accorder la plus grande importance à la dimension orale des langues, notamment dans le cadre de la phonologie. Pour la phonologie, c’est la façon dont une langue- et donc ses locuteurs attitrés - y circulent sans trop s’y perdre, qui importe. A ce titre là, en effet, l’Anglais n’a plus grand chose à voir avec le Français, thèse qui est loin d’être envisageable à un autre niveau.

.           En comparaison, les Algériens qui entrelacent l’arabe et le français dans leur parler oral ne sont guère parvenus à conférer à celui-ci une telle impression de fluidité.

            Cette façon de procéder que s’est choisie l’Anglais a en outre l’avantage d’en faire une langue qu’il faut apprendre à traiter – et à ménager/manager- avec talent, ce qui permet aisément de repérer l’étranger, argument supplémentaire en faveur de la spécificité de l’Anglais.

Autrement dit, l’Anglais n’existerait que comme langue à part entière qu’au niveau oral alors qu’à celui de l’écrit, elle se confondrait largement avec le Français, dès lors que l’on pratiquerait une approche statistique, la probabilité que deux langues aient pu développer séparément autant de similitudes étant à peu près nulle et ce même à partir d’une source commune.

En fait, ne serait-ce pas justement parce que l’Anglais est une langue que nous qualifierons de féminine, qui se satisfait de reprendre à son compte ce qui est fourni par une autre langue, que cette langue n’est pas très regardante sur les origines de ce qu’ elle intègre. Une langue moins douée pour imprégner l’ensemble de ses mots d’une sorte de substance sonore homogène devra se montrer plus vigilante. Il en est de même au niveau sociologique : une société capable d’intégrer puissamment n’aura pas besoin de juguler et de contrôle le flux des étrangers à l’inverse d’une société qui serait moins apte à procéder à une telle intégration  Il convient de noter que l’anglais tend à prononcer plus rapidement les mots les plus longs, ce qui contribue à calibrer les mots et à faire oublier leur disparité. Cette tendance existe déjà en français avec le traitement des consonnes finales au masculin mais à un degré somme toute moindre car avec l’anglais, ce sont carrément des syllabes qui sont éludées, ce qui s’explique, paradoxalement, par l’importance accordée à l’écrit qui sert de référence et d’alibi, un écrit qui, comme en français, n’est pas aligné sur l’oral, d’où une orthographe aussi difficile que celle du français.

A l’opposé des langues qui cherchent l’harmonie par diverses suffixations que l’on doit faire entendre du fait qu’elles sont porteuses de précieuses informations, l’anglais et le français, bien plus encore que des langues dites latines comme l’italien ou l’espagnol, peuvent se permettre de laisser leurs finales dans l’ombre, la marque du pluriel français étant préfixale, de par l’importance accordée à l’article, défini ou indéfini que l’on peut assimiler en effet à un préfixe, comme c’est d’ailleurs le cas dans les langues sémitiques pour les articles définis.. Seuls les locuteurs étrangers s’évertuent à rendre nettement les terminaisons des mots anglais et ne savent pas les «avaler ». L’Anglais est une langue qui se laisse deviner, qui reste dans une sorte de clair-obscur, ce qui permet de masquer son caractère hybride souvent assez pesant et alambiqué..

En fait, le problème de l’Anglais est qu’il s’agit d’une langue relativement récente, sous sa forme actuelle post-germanique et qui n’a pas eu le temps de parvenir pleinement à maturité. C’est tout le problème des nouveaux arrivants dans l’aréne de l’Histoire, leurs entreprises sont entachées d’une certaine précipitation et parfois, même sur des décennies voire des siècles, la progression est fort limitée.

Pour bien faire, il faudrait que l’anglais changeât considérablement son orthographe en mettant celle-ci en accord avec son oralité qui, elle, est parvenue à un certain degré de différenciation. Le fait de rester excessivement fidèle aux mots français, à l’écrit, montre que le cordon ombilical n’a pas encore été tranché, qu’il n’y a pas eu, au sens figuré, de meurtre du père alors que le français écrit s’est radicalement démarqué du latin tant et si bien que le nombre de mots latins restés tels quels en français, c’est à dire totalement superposables quand on les épelle - est des plus faibles. En anglais, c’est par centaines voire par milliers que les mots français se retrouvent au niveau écrit, à l’identique en son sein, si l’on fait abstraction des accents dont l’Anglais n’a le plus souvent pas voulu. Croire qu’il suffit de prononcer différemment la langue du voisin pour générer une nouvelle langue est un leurre, on ne parvient qu’à produire un nouveau dialecte, comme on peut l’observer pour les arabes dialectaux oraux face à l ‘arabe écrit. La linguistique contemporaine aura tout fait pour survaloriser la dimension orale des langues en élaborant la phonologie et les phonèmes, remplaçant le mot écrit par la phonétique, faisant ainsi oublier que cette phonétique écrite ne s’est précisément pas imposée et qu’elle n’est maîtrisée que par les spécialistes alors même que la langue écrite de référence, aussi éloignée soit-elle de l’oral, se maintient superbement.

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JH

26. 06. 07

 



[1] . « Peuple élu ou fils élu ? Du judaïsme au christianisme » sur GC

 

[2] notamment sur GC mais aussi sur le site  hommes-et-faits.com et sur le site ramkat.free.fr, rubrique gallica

[3] que nous trouvons  dans Life Expectancy de Dean Koontz, , Londres, 2005, pp. 237, 248

 

 


 
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