Encyclopaedia Astrologica

 

 

 

 

Comment unifier  les astrologues?

 

par Jacques Halbronn

 

 

            Entre le U  du MAU (Mouvement Astrologique Unifié) et le C de GC (grande conjonction), nous avons affiché clairement, parfois de façon subconsciente, notre souci unitaire. Ajoutons que dans notre premier ouvrage adressé aux non astrologues, Clefs pour l'Astrologie (Ed. Seghers, 1976), nous avions mis en avant la dialectique du U  (pour Unité) et du M (pour Multiplicité). Par la suite, nous parlerons de la recherche d'un modèle "universel" à propos d'un "super cycle" qui inclurait tous les autres.  La notion de cycle, d'ailleurs, implique une quête  périodique d'unité en ce qu'elle s'organise autour de la conjonction.  Ajoutons la pratique des congrès et des colloques dont nous sommes le champion, termes qui impliquent l'idée de se regrouper, de se rassembler, de communiquer....

            Mais il y a une idée que nous voudrions  développer en ce moment marqué par le passage de Saturne sur l'une de ses quatre balises stellaires, c'est celle de la nouveauté comme moteur de l'unité.

            Notre pensée politique - et que nous avons exposée dans d'autres domaines à commencer par le Mouvement pour la nouvelle Sion (voir sur Grande Conjonction  26)-  implique que l'on ne peut unifier qu"en allant de l'avant, c'est à dire  par le changement. Car  le changement permet de dépasser les anciens clivages, les décalages inégalitaires. Devant le changement, nous sommes tous égaux et c'est d'ailleurs une idée sous jacente à toute Révolution.

            En ce qui concerne les astrologues et l'astrologie, le temps n'est pas à écarter ou à séparer les uns des autres - selon qu'ils correspondent ou non à tel ou tel critère- mais bien à rassembler par la nouveauté du message.

            Il y a ceux qui pensent que l'unité viendra de la prise de conscience de l'existence d'un "socle" commun, sur lequel nous pourrions tous nous mettre d'accord mais force est de constater qu'il s'agit là d'un corpus hétéroclite et incohérent, même d'un simple point de vue analogique. Intellectuellement, un tel corpus n'est guère satisfaisant pour l'esprit. Il ne peut nous unir que dans une certaine paresse mentale, qu'une certaine indifférence aux fondements, que comme un langage dont on se sert sans comprendre vraiment son articulation, sa grammaire. C'est le nivellement par le bas! Unité par défaut.

            Face à ce consensus fatigué, mou, il y a une autre voie  qui est  celle du nivellement par le haut. Cela signifie  que nous devons monter  vers les cimes en quête d'une unité non pas synthétique mais  radicale.  Pour dire les choses carrément, l'unité ne pourra se faire qu'autour du .... Un, de l'unicité.

            Cette unicité est celle que permet un cycle monoplanétaire et ce à deux titres: ,non seulement parce qu'il ne comporte qu'une planète se conjoignant à  une série d'étoiles mais aussi parce qu'il ne souffre qu'un seul et unique cycle.

            Ce cycle n'est pas connu des astrologues contemporains, ce qui fait précisément toute sa nouveauté et donc sa faculté d'unification du milieu astrologique, sans que cela vienne remettre en question les pratiques des uns et des autres par ailleurs.

            C'est là un paradoxe : quand on intervient en haut, on ne dérange pas ce qui se passe en bas.  Il y a d'ailleurs un temps pour unifier et un temps pour diversifier mais cette diversification implique une unité supérieure qui sert de garde fou à  une trop grande disparité.

            C'est pourquoi le facteur unitaire doit être central,  être perçu comme le grand  pivot autour duquel tout le reste tourne, c'est le  Moteur, la locomotive qui tire et recadre  l'ensemble.

            Finies les laborieux  calculs de dominante (genre Maître de la Nativité, Volguine), les coefficients  regroupant  une grande diversité de facteurs (genre indice de concentration planétaire, André Barbault) : ce sont là des unités factices, tout comme les discours des astrologues qui s'efforcent de donner de la cohérence à  des usines à gaz.

            L'Unité n'est pas la synthèse d'une diversité hétéroclite  mais bien  le centre du système avec ce que cela implique de transparence, de prévisibilité car le paradoxe des astrologues, c'est de faire des prévisions imprévisibles. Il n'y a rien de plus imprévisible, pour le grand public, que le propos de l'astrologue: on ne sait jamais quel lapin, quelle planète,  il va sortir de son chapeau.

            Il nous faut un fer de lance et non un maillon faible, un donjon et non une échoppe, des guerriers (Mars) et pas seulement des marchands marchandant (Mercure).

            Car il n'y a pas d'unité sans une bonne dose de Mars, de contrainte car comment amener toute une communauté ou du moins une partie significative à opter, à adopter un seul et même nouveau système?  De quelles incitations dispose-t-on? Existe-t-il une instance permettant par exemple de dispenser d'impôts ceux qui pratiqueront comme ceci et pas comme cela ou de verbaliser ceux qui ne respectent pas la consigne? Les valeurs martiennes - et nous ne parlons pas ici de la planète mais du dieu- savent imposer les lois, contraindre au progrès, encourager l'innovation, se servir de la menace extérieure pour unifier à l'intérieur.

            Or, les astrologues ne se sentent  pas spécialement menacés! La seule menace qu'ils pourraient avoir à craindre, c'est au cas où  l'on amènerait à l'astrologie de nouvelles recrues prêtes à privilégier le nouveau système.  Alors peut-être cela commencerait-il  à bouger dans le petit monde des astrologues.

            C'est pourquoi nous avons le projet de vulgariser auprès du grand public l'idée d'un indice allant de 1 à 100 et qui servirait de baromètre dont chacun, astrologue patenté ou pas, pourrait tenir compte. Bientôt un tel indice sera largement disponible sur des sites  sans le moindre calcul. Il sera d'une interprétation simple - du moins dans les grandes lignes. 

            En effet,  tout se passe comme si c'était le grand public - comme on dit- qui parvenait à unifier le milieu astrologique, à son corps défendant.  Malgré leurs tendances à la dispersion et au brouillage de pistes, la série des 12 signes reste un monument indispensable auquel les astrologues sont contraints de se référer et d'accrocher le thème natal.  De même, le système que nous préconisons - l'Astrologie 4 étoiles - devrait unifier le discours astrologique mais à condition qu'il soit relayé par le grand public. Autrement dit,  le milieu astrologique ne peut s'unifier que sous la pression extérieure, d"où une alliance nécessaire  qui pourrait sembler étrange entre l'avant garde de la recherche astrologique et le public le plus large.

          

 

JH

 

5. 11. 08

 

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