Comprendre le cours  du  monde par l'astrologie

par  Jacques Halbronn

 

            De quelle manière l'astrologie est-elle en mesure de se repérer dans  telle chronologie ponctuée notamment  par des élections et des réélections tant présidentielles que législatives?

            Comme nous l'avons signalé dans d'autres textes (voir Grande Conjonction), les élections font problème pour l'approche astrologique, du moins telle que nous la concevons. En effet, la réalité astrologique est en concurrence et en parallèle avec les données électorales.

            D'un point de vue méthodologique, il convient absolument de se garder d’articuler le travail prévisionnel et cyclique de l'astrologie sur la  périodicité des élections.

            Mais  force est de constater que nombre d'astrologues dépensent énormément d'énergie pour se mettre en phase avec les élections, de par le monde, car, rappelons-le, le calendrier électoral varie, en règle général, d'un pays à l'autre.

            Pour beaucoup d'astrologues, en effet, . tout événement peut et doit être analysé au regard du contexte astral correspondant. Nous nous portons en faux contre une telle position.

            Le ciel ne doit pas être "invoqué"  et interrogé à tout moment, ce qui est cependant bien le cas quand on dresse un thème natal. Certes, pour un individu donné, le Ciel ne sera mobilisé que ponctuellement mais au niveau d'un pays voire du monde, ce sont les "urgences" en permanence. Le pauvre ciel! La pauvre astrologie!

            Pour nous, le Ciel ne nous "parle" que lorsque se forme une configuration bien spécifique et qui existe en tant que tel et non par rapport au thème natal, comme dans le cas des transits, qui nous apparaisse comme un dévoiement de la théorie des aspects et des cycles puisque telle planète aspectera un point d'un thème x ou d'un thème y, alors même qu'elle ne formera pas "dans le ciel" le moindre aspect significatif.  Tenons-nous en donc aux configurations réelles observables dans le ciel et oublions les transits qui sont une formule bâtarde et qui a fait son temps. A la limite, les progressions et directions sont moins "pires" en ce qu'elles jouent cartes sur table et ne prétendent pas s'appuyer sur  la réalité astronomique.

            Or, si la réalité astronomique est dans le continu, la réalité astrologique (cf. nos études sur grande conjonction) est dans le discontinu, avec des heures d'ouverture et de fermeture des "bureaux" à l'instar du calendrier électoral qui ne mobilise pas le public en permanence à la différence de l'audimat des média.            

            Mais, insistons sur ce point, si nous nous référons au calendrier électoral, c'est en tant que paradigme et non quant  sa chronologie réelle qui ne recoupe qu'exceptionnellement les rendez-vous cycliques à moins de voir des cycles partout. En effet, pour un astronome, le cycle de Saturne est le temps nécessaire pour la planète pour repasser sur la même étoile ou plus vaguement encore en un même point du Ciel. Telle n'est pas en revanche la définition qui devrait être celle de l'astrologue, lequel, on l'a dit, s'intéresse à des configurations bien précises et ne prend pas appui, indifféremment,i sur n'importe quoi.

            Il convient donc de partir de ces configurations cycliques et non des événements produits par les élections ou par tout autre "événement". Autrement dit, l'astrologie ne saurait prétendre expliquer tout ce qui se passe de jugé "important" ou "mémorable" mais monter que "ses" cycles ont des effets sur le monde. Ni plus ni moins. Ce qui est bien plus restrictif mais aussi plus audacieux car se  brancher sur des événements électoraux largement prévus et prévisibles pour se contenter de déterminer qui sera le vainqueur, c'est une démarche de gagne petit! C'est surtout un contresens car l'astrologie a vocation à annoncer des dates qui ne font pas sens a priori pour les non astrologues et non à faire de la voyance pour savoir qui gagnera à la loterie électorale, surtout quand les candidats sont séparés de très peu de points ou de dixièmes de points.

            Ces réflexions préalables étant faites,  que peut-on dire sur un demi-siècle de Ve République, sachant, de surcroît qu'à la différence de  la IVe République, elle est conçue pour tout verrouiller en dehors des élections. Autrement dit, en dehors des élections, il n'y a pas trop de surprises à craindre, ce qui n'"était pas le cas sous la République précédente, on l'a vu notamment pour Pierre Mendés France dont l'activité fut tronquée par les remous parlementaires, en dehors de toute élection.

            Il n'y aura donc eu que très peu de cas où l'actualité aura débordé le cadre constitutionnel et où les élections sont la conséquence d'événements réels et non d'une programmation fixée des années à l’avance.

Signalons en quelques uns, sans vouloir être exhaustif. On soulignera que bien évidemment si une dissolution ou un référendum impliquent des élections ou un vote, on ne saurait les assimiler au calendrier '"normal", même si  c'est prévu par la constitution.

 

Référendum de 1962 sur l'élection du président au suffrage universel

Mai 68

Départ de De Gaulle en 1969 à la suite d'un référendum

Mort de Pompidou en 1974

Dissolution de l'assemblée générale en 1997

Référendum sur la constitution européenne, avril  2005

Krach financier à l'automne  2008

 

Et encore,  il n'est évidemment pas question d'expliquer astrologiquement le décès de Pompidou, lequel va évidemment déclencher une nouvelle élection.

 

Parallèlement à cette série de dates, il faudrait donc placer en vis à vis les dates dues à la mécanique électorale avec d'un côté une série de mandats de 7 ans pour le président et de 5 ans pour l'Assemblée Nationale, sans oublier toutes sortes d'élections, municipales, régionales, européennes qui viennent également parasiter le 'temps" de la vie sociopolitique, telle que l'astrologie l'entendrait, pour sa part.

            Il nous faudra donc définir l'événement  "astrologique" comme étant "imprévu" au regard du déroulement "normal" des diverses élections. Même le référendum de 2005 a été programmé et ne saurait être stricto sensu considéré comme étant 'astrologique". La preuve en est que le dit référendum s'inscrivait dans une série de consultations dans toute l'Union Européenne.

C'est donc plutôt dans des pays moins verrouillés au niveau de leur calendrier ou n'ayant pas vraiment de calendrier à respecter rigoureusement qu'il conviendrait de mettre l'astrologie en application.

            Nous dirons qu'un événement isolé n'est pas signifiant astrologiquement : ce qui n'arrive qu'à une seule personne peut être éliminé du champ de l'astrologie car celle-ci concerne le vécu collectif dont nous pouvons certes être partie prenante.

            Nous avons déjà condamné des expressions comme " grave" ou "déterminant" pour qualifier un pronostic astrologique car bien des choses de ce type peuvent se produire sans le moindre rapport à l'astrologie à moins de s'intégrer dans un contexte proprement astrologique, au sens où nous l'entendons.

            Ce qui intéresse l'astrologie, ce ne sont pas les résultats mais les processus. Quand on parle de la chute des corps, par exemple, l'on décrit et annonce ce qui arrive à un corps qui tombe et non à la façon dont il atteindra le sol et sur quel type de sol il parviendra! Idem en astrologie, on montrera des lois générales sur un  créneau bien délimité  et on n'épiloguera pas sur d'autres paramètres qui sont eux  relèvent d'autres lois. Quelqu'un qui tombe dans un lac, ce ne sera pas pareil que s'il tombe sur des rochers....Mais ici, c'est la chute qui nous intéresse. Un point c'est tout. Le risque épistémologique consisterait ici à généraliser sur le fait que quand on tombe on se fait mal alors que ce n'est pas obligé et que ce n'est pas le problème ici.

            Il nous semble également  que des événements qui ont lieu, sans qu'aucune prévision n'ait eté effectuée par telle ou telle instance humaine, en divers lieux indépendants les uns des autres, sont plus signifiants astrologiquement que des cas isolés et prétendument réservés à une personne ou à une région du globe données.

            Cela dit,  il  y a dans le cas de la Ve République un phénomène assez étonnant, qui est dû au droit pour le président de la République de dissoudre l'Assemblée Nationale. En 1981, c'est ce que fera Mitterrand, au lendemain même de son élection, ce qu conduira à de nouvelles élections en 1986. Puis en 1988, même scénario, qui conduira à de nouvelles élections législatives en 1993!  Or, ces deux années 1986 et 1993 coïncident, fortuitement, avec deux conjonctions de Saturne avec le quadrilatère des 4 étoiles fixes royales. En revanche, en 1997, Chirac jugera bon de dissoudre le Parlement avant l'heure et à une date non significative au niveau conjonctionnelle. En revanche, en 2002, cette fois, c'est la présidentielle qui sera en phase avec Saturne. Chirac aura donc  bénéficié  à trois reprises d'une conjonction saturnienne, ce qui lui permettra de devenir Premier Ministre en 1986, de gagner les élections législatives de 1993 et les  présidentielles de 1995 et 2002, alors que 1997 année de la dissolution ne lui fut guère favorable et ne correspondait pas à une conjonction.

            Or, il semble bien que Jacques Chirac correspond au type du "saturnien royal". Sans de telles coïncidences, sa carrière politique aurait été toute autre. On notera que Chirac aura bénéficié en 1993-1995 d'une "longue" conjonction de Saturne qui est à l'approche de Fomalhaut en mars 1993 et qui  deux ans plus tard reste encore dans l'orbite de la dite Conjonction. C'est alors dès 1995 que Chirac aurait du dissoudre l'assemblée et non en 1997.

            De même en 1981 et 1988, Chirac perdra les élections présidentielles face à Mitterrand du fait que ces dates ne sont pas conjonctionnelles. En revanche, en 1995, par un glissement progressif, la date des élections tendra à s'inscrire, on l'a dit, dans une conjonction.

            Chirac, qui gagnera en 1995 en parlant de la "fracture sociale" qu'il prétendait résorber et qui en 2002 apparaîtra comme le grand rassembleur face à Le Pen.... Que l'on se réfère au portrait psychologique du saturnien royal, lequel se veut capable de résorber les clivages et qui parvient  à se faire entendre en pointe conjonctionnelle! En revanche, le référendum de 2005 sur l'Europe sera un cruel camouflet car la date était "disjonctionnelle", c'est à dire à distance d'une conjonction royale.

            On aura compris que l'événement astrologique exige deux conditions pour se manifester puissamment; une conjoncture permettant un changement d'équipe et la présence de personnages "saturniens" pour en assumer avec brio les manifestations sans parler de la synergie provoquée par la montée en puissance simultanée de divers saturniens, en différents lieux, faisant ainsi boule de neige. Il convient que les astrologues développent  un "oeil" astrologique et qu'ils soient capables de discerner l'astrologique de ce qui ne l'est pas dans la trame de l'Histoire. en revendiquant la juste  part de l'astrologie mais sans excès et sans abus.

            On nous dira que certains événements favorisent les saturniens.... Nous pensons bien plutôt que ce sont les saturniens qui savent faire prévaloir leur goût de l'intervention. Le cas de Sarkozy, autre saturnien, selon nous, est édifiant : visiblement, voilà quelqu'un qui avait besoin pour s'épanouir que le monde se mette sensiblement à tanguer mais l'on se demandera s'il ne s'agit pas là d'une sorte de conspiration saturnienne  faisant flèche de tout bois pour prendre le pouvoir et partir en guerre contre les divers découpages. En ce sens, un François Bayrou aurait aussi un tel profil mais l'élection de 2007 arriva un peu trop tôt pour lui. Sarkozy, précisons-le, n'était pas nécessairement destiné à gagner la dite élection. Mais il aura ensuite bénéficié d'une conjoncture  favorable comme la présidence de l'Union Européenne qui était programmée de très  longue date et qui n'offrait donc en soi aucun caractère astrologique.

            Il est clair que lorsqu'une échéance tombe, il existe plusieurs cas de figure: soit les protagonistes sont tous saturniens et l'astrologie ne peut trancher, que la période soit conjonctionnelle ou disjonctionnelle, soit l'un est saturnien et l'autre ne l'est pas et dans ce cas la conjonction favorisera le saturnien et la disjonction le non saturnien. Il se peut aussi qu'aucun des principaux candidats ne soit saturnien, et là encore l'astrologie 4 étoiles ne sera pas à même de trancher.

            Ce qui importe, par de là  la date de l'élection qui est sujette à bien des aléas, ce sont les prévisions concernant le cours  du mandat dès lors qu'elles correspondront au début ou à la fin d'une phase conjonctionnelle.

            Les récents événements aux Etats Unis avec le refus de voter les 700 milliards de dollars par les instances représentatives  mettent en évidence la lourdeur des systèmes politiques qui viennent freiner certaines initiatives et cela du fait que le système "démocratique" en vigueur  génère des distorsions entre le moment de l'élection et celui de l'action.

            Si un jour, l'astrologie devenait la référence constitutionnelle, les élections auraient lieu partout aux mêmes dates et l'on pourrait programmer longtemps à l'avance l'évolution des politiques. Ce qui se passe actuellement pourrait remettre l'astrologie en selle, à condition de ne pas chercher à promouvoir une astrologie qui n'a d'astrologique que le nom, comme disait déjà Ptolémée dans le prologue de sa Tétrabible..

           

           

 

JH

30. 09. 08

 

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