Etres -soleil et êtres  -planète

 

par  Jacques Halbronn

 

            Notre approche se veut archéologique. Elle dégage plusieurs strates dans le corpus de tout ce qui a pu être projeté, plaqué sur l'astrologie, générant autant de pseudo-causalités (voir notre texte sur ce sujet, in Grande Conjonction) qui lui sont raccordées et dont les historiens et les sociologues  font leurs choux gras. On peut d'ailleurs inverser les choses et dire que ce sont les astres qui sont  structurés par  les hommes, dans une causalité tout aussi discutable mais qui n'en existe pas moins de par l'onction du temps. C'est ce que nous appelons de la symbiose en précisant que celle-ci constitue une solution de continuité venue compenser une pathologie de la causalité,  ce qui pourrait se résumer par l'image d'un mort que l'on essaierait, par quelque subterfuge, de faire parler ou plutôt d'en donner l'illusion même si le subterfuge génère quelque réalité observable, pourvu que l'on n'aille pas y regarder de trop près.

             En ce sens, l'on peut dire que le système planétaire-plutôt que solaire -  s'est trouvé en symbiose avec l'Homme, en ce que l'Homme a pu lui conférer une causalité qui ne lui appartient pas : qu'est ce qu'une planète sinon un soleil qui ne chauffe pas? Mais cela vaut aussi dans l'autre sens, en ce que le dit système planétaire- véritable cimetière de corps dont les lumières sont empruntées, reflétées- y compris pour ce qui est de la Terre  d'ailleurs -  sauf en ce qui concerne le soleil qui fait en quelque sorte exception- peut être instrumentalisé au travers du thème natal, comme étant une sorte de sécrétion de l'homme à sa naissance.

            Cette formule "système planétaire"  rétablit en effet une certaine réalité que l'on tend à oublier, à savoir qu'il suffit d'une étoile pour éclairer toute une série d'astres dépourvus par eux-mêmes de lumière. Or, il en est de même sur notre Terre, à savoir qu'il y a quelques "stars"  qui illuminent  l'ensemble de la population. Il nous apparaît qu'en conférant aux planètes une "personnalité" aussi forte qu'au soleil, l'on tend à mettre sur le même pied des entités qui sont bien différentes, intrinsèquement.  Il y a là en soi quelque subterfuge. Et l'on peut se demander si une telle mystification n'est pas cause d'un certain rejet de l'astrologie qui voudrait faire parler les morts, tant physiquement que psychiquement.

            Grâce au thème natal, nous serions tous des "lumières" alors qu'en vérité la plupart d'entre nous ne sont connectés au cosmos que très basiquement sur le plan énergétique à un niveau infinitésimal -  ou très indirectement grâce à l'effet d'entraînement de quelques chefs qui, eux, sont, selon nous, des soleils.

            Paradoxalement,  les "soleils" que sont certains individus - et ils connaissent des levers et des couchers- ne sont pas stimulés par le soleil mais par Saturne, qui en serait en quelque sorte le relais, l'interface. Le tort du soleil, c'est une temporalité par trop brève que l'astrologie a vocation à dépasser et à démultiplier.

            On serait donc passé dialectiquement d'une étoile, le soleil, à un corps mort, Saturne visible pour l'Homme en ce qu'il renvoie la lumière solaire, pour générer des hommes  soleil qui eux -mêmes éclaireraient des morts vivants....Il faudrait donc parler d'une solarité saturnienne.

            Selon nous, le monde serait dans un état de mort planétaire sauf à certains moments où les hommes soleil se réveilleraient pour l'éclairer, cela se produisant tous les sept ans. A ces moments là, le monde ressemblerait au system solaire avec cette dialectique soleil/planètes faisant pendant à celle opposant les êtres  soleil et les  êtres planètes.

            Certes, une planète est-elle dotée d'un mouvement mais ce mouvement ne saurait faire oublier qu'il ne s'agit pas d'un soleil. Elle n'est donc pas un être complet, dont émane une sécrétion, un flux. Tout se passe comme si l'Homme avait décidé de se présenter comme récepteur d'une telle sécrétion inexistante, créant ainsi une causalité artificiellement, en une sorte de mimétisme.

            C'est sur la base d'un tel mimétisme que l'astrologie, telle que nous l'appréhendons selon l'approche qui est la nôtre dans notre oeuvre, s'est constituée, non sans un certain succès. Ce qui n'a rien à voir aura fini par être lié.

            Encore faut-il prendre un tel mimétisme de façon littérale et minimale, et sans les sophistications des astrologues et astrosophies qui voudraient tout référer de l'humain aux astres.

            Ce mimétisme consisterait, selon nous, à ce que se  mettent en mouvement  certains hommes au moment où se formeraient certains signes, pris parmi une infinité de possibles. Mais ici ce mouvement se mettrait au service d'une parole humaine, c'est à dire d'une sécrétion du cerveau et du souffle produit par le dit corps  (système respiratoire).

             L'astrologie, selon nous, n'a nullement vocation à expliquer tout ce qui se passe sur cette planète mais à étudier cette humanité particulière qui est celle des hommes soleil. Pour ce qui est de la vie des hommes -planète, elle peut tout à fait correspondre à des moments ne correspondant pas avec les conjonctions Saturne/fixes, lesquelles échéances artificielles  sont susceptibles de venir perturber le phénomène proprement astrologique, agissant, en quelque sorte, à contretemps. Un cas exemplaire est celui des calendriers électoraux venant faire événement en dehors, sauf exception,  des rendez-vous saturniens, une autre interférence étant constituée des fausses prédictions astrologiques....

            Pour notre part,  nous pensons donc que l'astrologie n'intervient que très ponctuellement et somme toute assez rarement dans les affaires humaines. Nous pensons que l'astrologie véhicule un système social très ancien qui perdure au milieu d'une civilisation qui a mis en place d'autres repères.  Cela ne nous empêche pas de soutenir que la connaissance de l'astrologie, sous la forme que nous préconisons, est essentielle à la bonne marche du monde. Pour valider cette astrologie que nous exposons, nous nous situons dans une épistémologie de la discontinuité, c'est à dire dans une approche récurrente mais passant nécessairement par des  périodes "nocturnes", de "couchant", d'éclipse. Il nous faut donc montrer que le caractère discontinu de  la succession des conjonctions saturniennes doit être mis en corrélation avec le caractère discontinu de certains phénomènes humains. A contrario, ce qui est de l'ordre du continu est étranger à cette astrologie là, tout ce qui se situe dans l'événementialité quotidienne ou dans un discontinu par trop bref - de quelques heures, de quelques jours et non de quelques années - est extra-astrologique, tout comme d'ailleurs ce qui relève d'un discontinu par trop long - de siècles, de millénaires (genre Ere du Verseau)

           

           

 

 

JH

07. 09. 08

 

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