La Seconde Guerre Mondiale et  l'Astrologie Mondiale

 

par Jacques Halbronn

  

Pour André Barbault, comme il s'en est expliqué encore ces jours ci dans sa Réhabilitation de l'Astrologie, la Seconde Guerre Mondiale  aurait eu  pour  "configuration centrale une triple conjonction Jupiter- Saturne-Uranus en Taureau (suivie d’une conjonction Jupiter-Pluton début Lion)". 

Il convient de comprendre que d'autres grilles de lecture peuvent être proposées, qui d'ailleurs sont susceptibles d'entraîner une autre interprétation des "faits" qu'englobe le terme 'Seconde Guerre Mondiale".

Or, il en est toujours ainsi,  ne l'oublions pas :  il serait un peu facile de renverser la problématique en affirmant que la Seconde Guerre Mondiale "prouve" que la théorie "transplanétaire" - ici la triple conjonction Jupiter-Saturne-Uranus - suivie d'une conjonction Jupiter-Pluton- serait définitivement validée. On y reviendra.

Mais une même mise en garde vaut en astrologie individuelle :  on ne prouve pas une théorie, et notamment le fait que Pluton "marche" par exemple par le fait que cela permet d'expliquer telle ou telle situation . A partir du moment où le même "fait" peut être expliqué sans Pluton,  la démonstration s'en trouve sensiblement fragilisée. Il ne suffit pas que ça "colle" avec Pluton mais de savoir si Pluton est, dans le cas fictif ici considéré, la seule explication possible, si on ne peut en faire l'économie. Mais pour ce faire, il est nécessaire d'envisager les autres grilles - en commençant par en prendre connaissance. Et en tout état de cause, cela ne sera que jusqu'à preuve du contraire, puisque de nouvelles grilles peuvent, à l'avenir, se révéler plus satisfaisantes.  Exit l'argument d'autorité brandi par ceux qui ont simplement montré que leur grille pouvait aussi s'appliquer. Ni plus ni moins. Tout comme aucune prévision n'est définitive puisque l'avenir peut en relativiser les effets, de même aucune "preuve" n'est acquise une fois pour toutes, n'en déplaise aux gens pressés.

Après ce préambule méthodologique et épistémologique, revenons-en au terrain de la Seconde Guerre Mondiale. André Barbault dispose de certains outils et il s'efforce de les appliquer à une période qui ne peut certes laisser indifférent et qui parait bel et bien incontournable. Dans son escarcelle, A. B. dispose d'éphémérides qui- un peu comme au casino, dans les machines à sou  - lui montrent que trois planètes sont au rendez-vous sur la même ligne, à savoir Jupiter-Saturne et Uranus, qui ont plus, ont le mérite de se trouver dans trois colonnes, côte à côte, ce qui est d'autant plus impressionnant. Début 1941, ces trois planètes sont assez rapprochées bien que non conjointes au degré près, loin de là : au moment d'ailleurs où Jupiter rejoint Uranus, il va passer très vite en Gémeaux. Il faut donc prendre cette triple conjonction comme approximative sur le plan astronomique, ce qui correspond à l'esprit de l'indice de concentration planétaire, au demeurant. Par la suite, dans la foulée, Jupiter, la plus rapide du groupe considéré finira par rejoindre Pluton la plus lente, en Lion, en 1943. Voilà le bilan prévisionnel rétrospectif.  On peut se demander, d'ailleurs,  si un tel agencement aurait permis une prévision préalable aux événements, selon la culture astrologique des années Trente.

 

On aura noté qu'André Barbault ne se préoccupe guère des signes où ces "conjonctions" se produisent puisqu'il est dans un système planète/planète sans référence à un autre paramètre, qui pourrait être le zodiaque ou...les étoiles fixes. La binarité planète/zodiaque (sous quelque forme que ce soit) est évacuée car, apparemment,  elle aurait gêné, inutilement,  la démonstration.

Selon nous,  la "configuration centrale" de la Seconde Guerre Mondiale n'est pas ce que propose André Barbault, sauf le respect qu'on lui doit.  Ce que nous proposons  n'est pas une configuration de synthèse, une "résultante"  qui tantôt comporte tel bouquet de planètes (où est ici Neptune?) tantôt tel autre, tantôt des planètes anciennement connues (Jupiter et Saturne), tantôt des planètes nouvellement découvertes et plus lointaines, donc invisibles à l'oeil nu (Uranus, Neptune, Pluton), tantôt un mélange des deux, ce qui fait pas mal de variantes possibles, on l'avouera. Rappelons que les anciens astrologues auraient été bien incapables de maîtriser un tel système cyclique incluant les transsaturniennes, comme facteurs à part entière!

 

Pour nous, la "configuration centrale" de la SGM est constituée du retour d'une planète, Saturne, connue des Anciens sur une étoile tout aussi connue des Anciens, et plus anciennement encore que la planète, puisque les planètes ont été "découvertes" dans leur spécificité d'astres errants que bien après que l'Homme ait commencé à se repérer dans le Ciel, ce repérage ayant finalement, justement,  permis de faire apparaître l'idée de planète....¨

Pour nous, notre grille se réduit à une seule planète, Saturne  et à 4 étoiles -d'où la dénomination Astrologie 4 Etoiles - qui, elles, ne se meuvent pas, du moins relativement  à notre échelle.  La conjonction de Saturne avec l'une des 4 étoiles se fait à des intervalles de temps réguliers et récurrents, observables depuis des millénaires. .  On peut tout à fait parler d'une "configuration" dans la mesure où il s'agit bien de conjonctions exactes -du moins en longitude -  qui se font et qui se défont et non d'une approximation astronomique, ce qui ne signifie pas pour autant - c'est une autre affaire qui ne regarde plus l'astronome - que l'effet ne tient  et ne vient qu'au seul moment de la conjonction. Encore faut-il préciser, quand même, que pour l'astronome, une conjonction relève de la méta-astronomie  pour ne pas parler de la question plus générale des aspects. Pourquoi, en effet, pour un astronome, s'intéresser plutôt à telle étoile fixe qu'à telle autre? On touche là à ce qui distingue la démarche de l'astronome de celle de l'astrologue, lequel fait son tri, son choix parmi les configurations possibles, pour des raisons qui renvoient à de fort anciennes conventions fixées par les hommes dans leur rapport au cosmos. On n'y reviendra pas ici.

 Ce qui est en revanche, assez évident, c'est qu'une des raisons de l'abandon des étoiles fixes par les astrologues tient  à leur nombre. Comme il y en a trop, on n'en prend aucune!  Il y  a là un refus d'admettre que l'astrologie ait pu et du se construire sur des choix. quelle planète, quelles étoiles? Ce qui va à l'encontre de la doctrine de l'astrologie contemporaine selon laquelle les hommes ne structurent pas, ne modélisent pas le cosmos mais qui soutient que c'est l'inverse qui s'est produit et à l'insu des hommes, pendant de longs siècles...

Mais revenons en  à la Seconde Guerre Mondiale qui est, selon nous, marquée non pas par la triple conjonction barbaultienne, Jupiter-Saturne-Uranus - dont la cyclicité d'ailleurs  ne semble pas importer ici puisque les planètes sont interchangeables selon l'indice de concentration-  mais bien par la conjonctionalité de Saturne par rapport à Aldébaran.

On peut certes discuter longuement sur l'orbe de la conjonction Saturne avec l'une des 4 étoiles fixes royales : on ne peut évidemment fixer de limites rigides d'autant que cela dépend de l'acuité des récepteurs que sont les hommes, certains captant plus vite que d'autres les signaux générés par l'approche d'une telle conjonction, un peu à la façon du chien de Pavlov qui, à un miment donné, se demande si le signal est donné ou pas encore.. ou plus.

 

Etant donné qu'Aldébaran se situait , en tropique, autour du 8° Gémeaux,  la fin du taureau peut raisonnablement être concernée par le rapprochement progressif de Saturne par rapport à Aldébaran et ce d'autant plus que la division en 12 signes zodiacaux nous est totalement indifférente.

On peut raisonnablement  -sur un cercle de 360° - accorder à la conjonction une orbe d'une trentaine de degrés avant et après, soit 60°, un sixiéme. Mais cela est matière  à recherche et à débat. On prendra donc ici cette fourchette, de façon arbitraire. On nous objectera que 60° x 4  cela donne 240°, ce qui est beaucoup par rapport à 360°, si l'on prend en considération les 4 étoiles mais nous verrons qu'en pratique, nous privilégions l'après conjonction que l'avant conjonction, ce qui divise par deux l'orbe considérée et que nous arrivons même à circonscrire 4 zones de 10°. On pourra faire des statistiques à partir des divers niveaux d'orbes.

Saturne est à  8° Taureau  fin mai 1940 et atteint 8° Cancer en septembre 1944. En tout il aura donc franchi 60°. On peut réduire l'orbe à 20°, à10° à des fins de recherche. Pour notre part, comme nous l'avons exposé en 1994 dans l'Astrologie selon Saturne-(Bulletin de la SAF, page 5), le segment 12° à 23° - soit 11° -  des signes mutables nous apparaît comme singulièrement  actif, soit peu après le passage de Saturne sur l'étoile fixe, en tenant compte évidemment des rétrogradations. Mais ce n'est évidemment qu'une fourchette approximative d'une dizaine de degrés  néanmoins beaucoup plus centrée que les 60° que nous évoquions plus haut.

Saturne passe, pour la première fois, à 12° Gémeaux à la fin mars 1943 et à 23°, une dernière fois  en mai 1944. Quant au passage, à  8° Gémeaux,  de Saturne sur Aldébaran, il se produit  en juillet 1942 une première fois, puis   en décembre 1942  et enfin en  avril 1943, du fait des rétrogradations.

On s'accordera à dire que notre modèle est plus simple, plus économique, que celui présenté par André Barbault et il serait d'ailleurs intéressant de faire un sondage auprès de la communauté astrologique pour savoir quelle est la proportion de ceux qui penchent plutôt pour l'un ou plutôt pour l'autre, laissant à chacun le soin d'apprécier la question des tournants de la Seconde Guerre Mondiale qui peuvent, à vrai dire, faire l'objet de diverses appréciations.

 

On terminera par ces quelques remarques :

1  en ce moment, c'est à dire à la mi-octobre 2008, Saturne est à 16°-17° de la vierge, donc après la conjonction avec Régulus, donc en plein sur la fourchette de 10° proposée en 1994.  En octobre1929, Saturne était  à 24°-25°  Sagittaire, après la conjonction avec Antarés, donc  légèrement au delà de la dite fourchette de 11°.

2  Les accords de Bretton Woods que l'on évoque volontiers actuellement se tinrent, au lendemain du Débarquement de Normandie,  en juillet 1944  alors que Saturne venait d'entrer  dans le signe du cancer, donc à 22-23° de la conjonction que Saturne avait eu avec  Aldébaran, à 8° Gémeaux. Ces Accords comportaient   la création de deux institutions financières mondiales qui sont Le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale.

3 On ne peut dissocier  les divers enjeux économiques, militaires,  géopolitiques. Il n'y a  pas chaque fois un cycle différent. A certaines conjonctions et en certaines régions, tel facteur l'emportera sur d'autres. En 1944, la dimension militaire accompagnait la dimension monétaire. En 1929, la dimension militaire n'a guère joué et les cas de figure sont multiples. Actuellement, en 2008, en dépit de l'affaire géorgienne, il semble que la contrainte armée ne soit pas au rendez-vous mais qui vivra verra....Tout dépendra de la résolution de la crise par des moyens diplomatiques. Il en est de même de la concentration du pouvoir étatique. Rappelons l'article 16 de la constitution de la Ve République.

4  Pour nous, Mars, Jupiter et Saturne sont des dieux attribués aux  planètes "lentes"  incarnant les diverses formes de pouvoir, celui de la force armée (armée, police), de la justice et des sciences face aux libertés exprimées par Vénus et Mercure, dieux assignés aux planètes rapides.  Cela ne signifie pas, que l'on ne s'y trompe pas, que nous admettons l'influence de ces planètes mais que nous pensons que les noms qui leur ont été attribués sont source de sagesse et porteurs d'une dialectique majeure.

 

JH

 

19. 10. 08

 

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