La victoire d'Obama:

temps de conjonction ou d'opposition?

 

 

par  Jacques Halbronn

 

 

            Ces derniers temps, nous avons pu constater que les astrologues, dans leur majorité,  voient le monde à travers leurs grilles au lieu de  trier entre leurs grilles pour reconnaître  celle qui correspond au monde.

            Comme à leur habitude,  tant d'astrologues écoutés, rencontrés, filmé, ces derniers temps, ouvrent leurs éphémérides pour savoir ce qui se passe et  ne trouvant que l'opposition Saturne-Uranus à se mettre sous la dent - comme en septembre  2001, il y a sept ans,  ils s'étaient focalisés sur l'opposition Saturne-Pluton- ils vont donc décrire le monde à la lumière d'une problématique d'opposition, Saturne étant passé d' un aspect à Uranus à un aspect à  Pluton.

            Là où nous sommes d'accord avec la pratique en vigueur, c'est l'importance accordée à Saturne comme étant le grand déclencheur - rappelons le cycle Saturne-Neptune pour Barbault notamment en décembre 1989 mais il s'agissait là d'une conjonction- à cette différence près qu'au lieu d'étudier les aspects de Saturne avec les trois transsaturniennes, nous nous intéressons aux rencontres de Saturne avec  quatre ....étoiles fixes, qui sont également, si l'on veut, transsaturniennes, Saturne étant l'astre le plus proche de la sphère des fixes.

            Tout se passe comme si, intuitivement, l'astrologie contemporaine avait intégré l'idée de la centralité de la planète Saturne mais avait commis l'erreur de connecter cet astre avec des planètes invisible, en dépit de leur bien plus grande proximité que celle des étoiles-totalement inconnues de l'astrologie ancienne, ce qui constitue un très grave obstacle épistémologique et remet en question l'idée d'un ancrage de l'astrologie dans  des traditions cosmiques.

            Comme nous le disions plus haut, nos confrères se croient ou se trouvent contraints de plaquer sur 2001 et 2007 une approche "oppositionnelle" tout comme en 1989 une approche "conjonctionnelle", à moins que l'on ne fasse pas de différence entre une conjonction et une opposition, ce qui peut tenter certains, vu la rareté des aspects des configurations majeures entre Saturne et les transsaturniennes : pourquoi ne pas assimiler, en effet, une opposition à une conjonction autour de l'idée de syzygie, l'opposition devenant une sorte de conjonction puisque étant dans le même axe, encore que ce ne soit pas du tout la démarche d'André Barbault dont l'indice distingue très nettement ces deux cas de figure et même les considére comme en dialectique.? Là encore, nous comprenons tout à fait qu'intuitivement certains chercheurs soient tentés de baliser le cycle de Saturne avec une des trois transsaturniennes en  découpant en deux ou en quatre le dit cycle sur la base des deux carrés et de l'opposition. Pour notre part,  ce découpage en 4 est assuré par la conjonction de Saturne avec la série des 4 étoiles fixes, ce qui fait que seules les conjonctions nous concernent. On pourrait certes imaginer un cycle saturnien découpé par les conjonctions de Saturne avec  Uranus, Neptune et Pluton mais il n'offrirait aucun  intervalle régulier sinon sur le très long terme.

            Mais revenons à notre question initiale: vivons-nous actuellement une situation oppositionnelle ou conjonctionnelle? Revenons un instant sur décembre 1995, avec cette fameuse grève dont les analystes ne trouvèrent pas d"équivalent depuis 1968. On peut y trouver comme explication une conjonction Uranus-Neptune, à la fin du capricorne mais cette fois Saturne n'est ni en conjonction ni en opposition. Mais la question reste posée, a priori, était-ce une situation oppositionnelle ou bien conjonctionnelle. Il serait bon que les élèves en astrologie apprennent à distinguer et à diagnostiquer les types d'événements et ce, sans se servir de leurs éphémérides, ce qui ne devrait venir que dans un deuxième temps, pour ne pas se laisser influence et pour apprendre à juger par eux-mêmes, faute de quoi ils se condamnent à ne voir le monde qu'à travers les lunettes astrologiques, ou plutôt selon certaines grilles astrologiques, excluant, le plus souvent - et c'est là un euphémisme - les conjonctions de Saturne avec les 4 fixes royales.

            Si nous rapprochons 1995, 2001 et 2008,  un point commun, justement : Saturne est passé depuis peu sur une des 4 étoiles fixes:  Fomalhaut,  Aldébaran et Régulus. Dans notre système un seul et même cycle de 30 ans, dans celui de nos confrères, trois cycles différents et aucune conjonction, avec chaque fois au moins une planète invisible.

            Il ne suffit pas de mettre le mot "crise" à toutes les sauces, pour justifier de la présence d'une opposition.  La naissance d'un enfant aussi peut être considérée comme "critique", elle ne saurait s'assimiler à une maladie, à une blessure, à une mort! C'est dire que l'idée d'opposition est singulièrement vague et qu'il n'est guère difficile de voir des oppositions à tout bout de champ, qu'il y ait d'ailleurs ou non d'opposition dans le ciel entre deux planètes!

            Mais inversement,  il ne faudrait pas qualifier de conjonctionnel un processus qui s'apparente plutôt à une dissolution, à une dislocation, ce qui serait plutôt d'ordre oppositionnel. On se demandera alors si l'astrologie mondiale ne manque pas d'une certaine rigueur dans ses définitions de ce qui se passe sur le terrain alors que dans le ciel, évidemment, tout serait clair et mathématique?

            Non pas que nous refusions  à l'astrologue de ne pas nécessairement  suivre l'opinion publique et le droit de prendre quelque distance par rapport à certaines apparences trompeuses...Mais il ne faudrait pas abuser d'un tel droit car à terme, l'on se retrouve le bec dans l'eau.

            Nous avons défini dans divers articles parus sur Grande-conjonction.org ce que nous entendions par conjonction, à savoir un dépassement des clivages, des distances, un processus d'unification conduisant à des rapprochements inespérés, inattendus. Or, c'est bien ce qui est en train de se passer en ce moment avec l'élection d'Obama, le 5 novembre,  mais aussi avec un nouvel ordre mondial qui se met en place sur le plan bancaire, comme cela avait été le cas en 1944, avec Bretton Woods. 

            Certes, en apparence, nos confrères ont pu croire que l'opposition Saturne-Uranus suffisait ou suffirait à tout expliquer mais il leur aura fallu assez vite déchanter! Se contenter, en désespoir de cause, de l'entrée de l'invisible  Pluton en Capricorne mais c'est une période bien longue!  Or, nouveau risque d'erreur : croire que la situation actuelle va se prolonger indéfiniment! Et c'est là que l'astrologue a un rôle majeur à jouer : apprécier l'état de grâce conjonctionnel et le moment de la fin du dit état. Là encore, avec des outils inadéquats,  il risque fort de se fourvoyer en croyant que l'on est entré dans une nouvelle ère alors qu'il ne s'agit somme toute que d'un phénomène ordinaire voué à passer par une période de disjonction, au mi point entre deux conjonctions.

            La Conjonction actuelle, méconnue de nos confrères, de Saturne avec Régulus - et nous rappellerons qu'en 1994, nous avons désigné la période suivant la conjonction (soit 12°-23° en tropique dans tout signe mutable) ce qui est vérifié en 2001 avec Saturne à 14° Gémeaux,  en 1995 avec Saturne  à 18° Poissons et en ce moment avec Saturne à 18° Vierge, soit trois positions de Saturne en carré ou en opposition entre elles- nous promet des rapprochements, selon une lecture analogique évidente d'une configuration où deux facteurs séparés se rejoignent.

            De l'Union pour la Méditerranée qui vient de se concrétiser avec la fixation de son siége à Barcelone, où se côtoieront arabes et israéliens (qui auront un secrétariat adjoint) en passant par l'élection d'Obama, en dépit d'une très longue histoire de ségrégation, des accords internationaux dans le domaine bancaire aux diverses fusions d'entreprises, de la mainmise de l'Etat conduisant  à une unité stratégique sur diverses entreprises à un sentiment croissant de mondialisation, il faudrait être de bien mauvaise foi pour ne pas trouver là un climat conjonctionnel qui ne saurait s'expliquer par une opposition Saturne-Uranus. et aucune conjonction majeure entre planètes. Et encore, faudrait-il que l'on proposât une configuration appartenant à un même cycle pour des événements du passé car une hirondelle ne fait pas le printemps.

            Comme nous l'avons laissé entendre,  l'effet conjonctionnel est de courte durée et il n'est pas question d'être victime d'une quelconque euphorie. C'est ainsi que dans  trois ans, environ, Saturne ne sera plus en situation conjonctionnelle, c'est à dire que le signal de rassemblement, d'unification, ne se fera plus entendre, pour quelque temps. L'arrivée de Saturne vers le 25° d'un signe cardinal est un repère disjonctionnel, ce qui correspond à la fin de 2011 et ce jusqu'à  5° du signe fixe suivant, environ. Obama en arrivera alors à la troisième année de son mandat commencé en janvier 2009. L'année 2012  sera donc disjonctionnelle mais ce sera aussi une année préparant l'élection de 2012 et l'on peut s'attendre à un climat bien différent de celui qui domine actuellement. 2012 année qui par ailleurs - mais ce n'est pas notre affaire - correspond à une prévision assez répandue actuellement en rapport avec le calendrier maya-  risque fort d'être marqué par des fissures au sein de tous les processus unitaires, comme par exemple pour l'Union Européenne. Mais attention, on ne traite pas une conjonction comme on traite une disjonction. On peut prendre des mesures pour juguler les effets de la disjonction,  en tentant de verrouiller certains processus mais il faudra de toute façon lâcher du lest ne serait-ce que pour préparer le terrain pour une prochaine conjonction....

            La grande question qui se pose aux astrologues est -on l'aura compris- celle de s'entendre sur   l'idée d'une nouvelle astrologie mondiale, axée sur le passage de Saturne sur les 4 fixes royales, formant un  carré approximatif dans le ciel permettant de découper le temps de Saturne/Kronos en 4 semaines de sept ans environ. Une astrologie mondiale, qui de surcroît, servira de toile de fonds à tout travail astrologique,  tant au niveau de la famille que de l'entreprise. C'est l'occasion idéale pour l'astrologie de sortir de son isolement et de bénéficier de la dynamique conjonctionnelle qui affecte tous  les domaines d'activité, y compris le monde scientifique. Nous attendons donc de nos confrères qu'ils  acceptent cette révolution en réintégrant - on est encore en pleine conjonction- les fixes royales, trop longtemps négligées depuis un demi-siècle au moins - dans le domaine de l' Astrologie Mondiale!

 

JH

05. 11. 08

 

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