Les cours d'astrologie  ou  la mise en place d'une réalité fictive.

(en vue de la journée du 13 décembre 2008)

par Jacques Halbronn (CSAF)

 

 

            A partir du moment où l'on ne possède pas d'une théorie solidement structurée, c'est à dire ne comportant pas des aberrations internes flagrantes, l'on ne peut que constater une fébrilité qui conduit à partir dans tous les sens et à se contenter du moindre recoupement, à quelque niveau que cela soit. Le seul mode d'emploi devient le "système D"  (D comme débrouille)

            Qu'on arrête face à toute critique concernant l'incohérence d'un dispositif de répondre "mais ça marche!". C'est se moquer du monde et cela signifie en fait que l'on veut garder le contrôle de ce qu'on fait et ne pas dépendre d'une quelconque autorité supérieure. Le milieu astrologique est en fait foncièrement anarchique et chacun ramène l'astrologie à lui. Est-ce que les écoles d'astrologie remédient à cette tendance lourde, il ne le semble pas!

            Cela dit,  tout système, dès lors qu'il va nécessairement concerner un très grand nombre de situations dans le temps et dans l'espace devra approfondir, en permanence, sa formulation pour ne pas prendre des lampions pour des lanternes, c'est à dire pour ne pas devenir passe-partout, en jouant sur l'inévitable ambiguïté de tout langage non spécialisé,  insuffisamment codifié. Mais il faut se demander si là encore, le client ne souhaite pas n'en faire qu'à sa tête et décider, lui-même, de ce qu'il veut bien comprendre de ce que lui disent l'astrologie/l'astrologue.  C'est dire que l'astrologue et son client forment un couple assez terrible, qui se satisfait d'un discours tant théorique que pratique dont la précision apparente est assez illusoire quand on y regarde de près.  Le cours d'astrologie nous apparaît en réalité comme l''attrappe gogo" par excellence, qui permet à des théories dont l'application in vivo se révèle très hasardeuse de s'en sortir dans le in vitro, où tout est plus ou moins arrangé. C'est ainsi que des systèmes qui ne tiennent pas debout peuvent rapporter gros avant que les élèves ne soient lâchés dans la nature et se cassent le nez dès qu'elles sortent du cocon pédagogique. On n'insistera jamais assez sur les abus relatifs aux cours d'astrologie qu permettent d'entretenir une certaine euphorie psychique et intellectuelle, contre finances, pendant tout le temps de la scolarité et ensuite advienne que pourra!  Il y a visiblement des astrologues qui sont de meilleurs enseignants que praticiens et qui vivent ainsi  sur le dos d'élèves crédules et cela sur des mois sinon sur des années.

            Le cours d'astrologie nous semble, en effet, à bien des égards, suspect. Il constitue un environnement  arrangé  que l'on pourrait qualifier de fictif, où les cartes sont souvent biseautées, les exemples choisis pour "coller". L'élève est ainsi entretenu dans une sorte de mirage, ce qui n'est pas loin de faire penser au climat régnant dans certaines sectes. (cf Tobie Nathan et Jean Luc Swertwaegher, Sortir d'une secte, Paris,  Ed. Les empêcheurs de penser en rond- Le Seuil,  2003)    

            Milieu pathogène qu'est le cours d'astrologie,  mais aussi certaines réunions d'astrologues qui ne font que prolonger, de façon artificielle, une certaine fiction du "tout va pour le mieux dans le monde de l'astrologie'.  Et puis, sorti du cours d'astro, l'élève sevré de son cocon va rencontrer la dure réalité du monde  et soit s'apercevra que ce qu'il a appris ne lui sert pas à grand chose vu que le client  se sert à sa guise de ce qu'on lui dit, soit reviendra très vite vers l'ambiance rassurante des '"messes" astrologiques, où il pourra continuer à admirer une astrologie "sur le papier".

            On aura compris que l'astrologie ne peut pas s'épanouir dans ces deux lieux consacrés et confinés  que sont le "cours d'astro" et la "consultation d'astro", qui perpétuent des astrologies qui ne marchent qu'au prix d'expédients et l'exploitation d'une certaine misère..

            Pour nous, l'astrologie doit se constituer des bases solides et l'astronomie ne suffit certainement pas à la tâche. Bien au contraire, l'astronomie est un faux ami, une sorte de tentatrice qui conduit l'astrologie dans une fuite en avant et tôt ou tard à l'implosion, à la saturation;

           

 

 

 

JH

12.09.08

 

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