Les deux astrologies.

 

 par Jacques Halbronn

 

                        La "crise" actuelle devrait accoucher d'une nouvelle Astrologie. Par "plutonien", nous entendons ici l'humanité directement en phase avec le temps  saturnien, discontinu,  et, à l'opposé, par "proserpinien", une autre humanité au temps plus court, plus continu, qui est celui du soleil et de la lune.

                        On reconnaît le "plutonien" à son rapport particulier au temps, qui fait à la fois sa force et sa faiblesse: nous dirons que le "plutonien" - rien à voir avec la planète Pluton! - est quelqu'un qui tantôt ne se presse pas, tantôt presse tout le monde. Son mode de fonctionnement passe donc par des phases très différenciées. Quand le plutonien n'est pas activé par la conjonction de Saturne avec l'un des quatre relais stellaires (les 4 fixes royales), il  progresse lentement et il prend tout son temps. Parfois, on le lui fait perdre, en le faisant attendre plus souvent qu'à son tour.

                        A l'opposé, le "proserpinien" - sans rapport avec un astre de ce  nom : Cérès étant la mère de Proserpine -  est toujours égal à lui-même, car il n'est pas directement dépendant du système planétaro-stellaire situé au delà du temps solaire, qui est en fait le temps d'une révolution de la Terre autour du Soleil. Son rythme est très court, il est régulier, il tend à refaire les mêmes choses d'une année sur l'autre, imperturbablement, en une sorte de routine (du mot latin rota, roue)                       

                        Rien d'étonnant donc à ce qu'il existe deux astrologies, l'une individuelle, à base de transits balayant le thème en permanence et l'autre mondiale, cyclique!

                        Il y a une extrême rivalité entre proserpiniens - la grande majorité des gens - et plutoniens - beaucoup moins nombreux et qui ne se réveillent que périodiquement et assez soudainement avant de repasser à un rythme sensiblement plus lent. Tantôt, en effet, le plutonien fait bouger les lignes,  sauter les clivages, parvient à rassembler et à relativiser les différences, tantôt, il semble incapable de se faire entendre, respecter. D'où un psychisme assez spécial, contrasté entre longues phases de sommeil et brèves phases d'éveil qui marqueront sa vie d''un bout à l'autre, car le plutonien rebondit toujours, jusqu'à un âge avancé, étant donné qu'il évite de s'épuiser pendant ses périodes d'hibernation, marquées par la disjonction, c'est à dire l'absence de conjonction.

                        La question est de savoir, cependant, si les plutoniens peuvent pleinement se faire entendre. Bien des indices nous font craindre que le monde "proserpinien" tend à se verrouiller et à empêcher à la dynamique plutonienne de s'imposer avec suffisamment de force, ce qui expliquerait, notamment, l'ampleur de la crise actuelle. Tout se passe en effet comme si les proserpiniens n'avaient pas à temps passé le relais aux plutoniens, à l'approche de la conjonction, comme si d'ailleurs, les plutoniens n'avaient pas été placés en position d'intervenir efficacement. D'où des retards pris, le temps de mettre les bonnes personnes aux bons endroits avec assez de poigne, y compris par le retour à la force, à la contrainte, voire à la guerre. La conjonction remet en selle, à l'évidence, les leaders à poigne. Hâtons-nous de préciser que le fait d'être né sous le signe du capricorne ne fait pas de quelqu'un un "plutonien", du fait que ce signe du solstice d'hiver est dominé par Saturne!

                        Or, le monde hypertechnique qui est le nôtre fausse largement la perception des choses et des gens, il tend à tout niveler. C'est une civilisation du pis-aller, c'est à dire où les palliatifs, les béquilles, les masques, les ersatz -et notamment l'argent -  au lieu de n'être que l'exception sont devenus la règle : ce qui devrait être réservé aux handicapés est revendiqué par tous, même dans les choses les plus quotidiennes. Notre humanité manque de plus en plus de visibilité, ce qui a notamment permis la parité hommes-femmes, l'immigration intégrée au niveau du travail mais non de la culture, la machine prenant le pas sur la personne. Nous savons mieux nous  y retrouver dans le choix des objets que des hommes! Crise du recrutement!

                        Le monde proserpinien est ainsi renforcé par un environnement technique de plus en plus envahissant qui ignore tout du cycle saturnien.  A cela vient s'ajouter les effets pervers du constitutionalisme qui prétend régenter notre temps en fixant des échéances totalement aléatoires et qui varient d'un Etat à l'autre, ce qui vaut aussi pour la présidence tournante de l'Union Européenne, tous les six mois, du fait du non vote de la constitution en 2005, avec l'interférence fortuite  des élections américaines en plein coeur de crise, avec des programmes et des plans qui n'ont pas intégré la variable saturnienne et qui met ainsi au pouvoir des équipes en inadéquation avec la situation imprévue puisque non programmée par le système électoral de tel ou tel pays!.

                        Rappelons que pour nous,  le monde plutonien s'est construit contre le monde proserpinien, au moment précisément où le soleil est en exil, où il abandonne, en quelque sorte l'humanité à elle-même, la moitié de l'année. Ce monde plutonien s'est construit  au cours des mois d'hiver, remplaçant le soleil par le feu, qui permet de vivre dans les souterrains, le domaine du dieu Pluton, époux de Proserpine.  D'où un certain imbroglio au niveau de la symbolique des maisons, où la maison X hivernal se place au Milieu du Ciel, au Zénith, en un véritable renversement : ce qui est en dessous (Pluton) refoulant, périodiquement, ce qui est au dessus. On parle d'ailleurs de "sommet" pour désigner des rencontres au plus haut niveau.

                        La tâche prioritaire qui est dévolue à l'astrologue du XXIe siècle sera de recruter et de préparer la relève plutonienne, aux approches d'une conjonction saturnienne. Pour mener à bien un tel recrutement, il ne s'agira pas de s'appuyer sur le thème natal même si, comme Gauquelin l'a montré, certains indices peuvent être appréhendés statistiquement mais de recourir systématiquement à des tests d'identification ainsi qu'à des repérages chronologiques permettant de s'assurer que telle personne est  réellement sensibilisée par certains signaux célestes, y compris en recourant à des encéphalogrammes permettant de jauger l'activité de certaines zones du cerveau lors de la conjonction, voire dans le ventre de la mère. En ce sens, nous pensons que l'avenir de l'astrologie est lié aux progrès des sciences du vivant (médecine, biologie, génétique, écologie) bien plus qu'à l'astronomie ou à l'astrophysique.  Mais il est tout aussi clair que l'astrologie est en prise sur les sciences sociales en tant qu'outil d'investigation mais aussi quant à la naissance du lien entre les hommes et les astres.                   

                       

                       

           

JH

17. 10. 08

 

Pierre de Saint Amand

Bonjour Jacques,

J'ai lu avec un grand insert votre article.

Il est passionnant et surtout accrocheur par l'introduction sur le sujet de la crise. J'ai bien aimé aussi la conclusion et votre proposition d'établir un lien entre l'astrologie et les sciences du vivant.

Toutefois, je suis un peu resté sur ma faim car j'aurais aimé trouver des références à des articles de grands astrologue qui auraient annoncé dans les mois précédents, la crise économique mondiale dans laquelle on entre aujourd'hui. Quels en étaient les signes annonciateurs? Quels signaux célestes en ont été les précurseurs? Quels grands noms de l'astrologie (ou moins grands) nous en avaient prévenus.

En effet, à mon sens, si l'astrologie est dénudée de son caractère prophétique, elle perd alors toute sa substance.

Je compte sur vous pour m'informer sur les publications qui font état de l'arrivée de cette crise et peut-être aussi, nous en

indiqueront-ils la fin. C'est en tout cas à souhaiter pour rassurer tout le monde.

 

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