| Encyclopaedia Astrologica
Les effets pervers du recours aux planètes transsaturniennes
par Jacques Halbronn
Lors du Colloque RA0 sur Astrologie et Argent, du 25 octobre 2008, avec Jean-François Richard, Lynn Bell, Hubert Brun, Emmanuel le Roy, Catherine Gestas, Emmanuel Le Bihan et Yvette Mollier-Giroux, ainsi que lors de la soirée Source consacrée, une semaine plus tôt, au même sujet, avec Yves Lenoble, Martine Barbault et Catherine Gestas, les transsaturniennes ont été à l'honneur. Inutile de dire qu'un Morin de Villefranche ou un William Lilly y auraient été totalement dépaysés eux qui ne connaissaient pas ces astres, pas plus que des dizaines de générations d'astrologues avant eux.... Une astrologie mondiale peut-elle se passer de ces astres qui ne sont apparus en ordre dispersé que petit à petit, dans le domaine astrologique: Uranus n'ayant été découvert qu' en 1781, Cérès en 1801, Neptune en 1846, Pluton en 1930? Ce qui ne correspond pas nécessairement pour autant à leur intégration dans le savoir astrologique, sauf dans le cas de Pluton qui connut un impact quasi immédiat sur les esprits astrologiques, dès les années Trente du siècle dernier, non sans une dimension prophétique liée aux événements de l'époque, ce qui nous semble tout à fait contraire à l'idée d'une astrologie pérenne, immuable dans sa structure, tout en étant d'essence cyclique, qui représente la constance de certaines forces. Notons que l'on n'a guère parlé des transplutoniennes ou des transneptuniennes, si l'on conteste le statut de planète de Pluton. Un des premiers effets pervers de cet usage des planètes invisibles à l'oeil nu tient à leur lenteur qui conduit à accorder une grande importance aux 12 signes zodiacaux car si les planètes du septénaire ne mettent que des durées relativement brèves pour franchir 3 signes faisant une saison voire 6 signes si l'on privilégie, comme nous le proposons, la ligne équinoxiale par rapport à la ligne solsticiale (voir nos études sur Grande Conjonction), en revanche, il faudra plus d'un siècle à Pluton pour aller d'un signe au signe opposé. La solution proposée d'office serait de s'intéresser au passage de Pluton dans un signe, ce qui couvre encore une durée considérable, en moyenne une vingtaine d'années! Or, le zodiaque est la partie la moins "scientifique" de l'astrologie, ce qui est tout de même paradoxal pour des astrologues tout fiers de recourir à une astrologie mise à jour. Certes, pour chaque signe, on a des portraits très "fouillés" à base de toutes sortes de critères depuis la planète en (double) domicile ou en exaltation (à moins que l'on ne tienne aussi compte, pareillement, de la chute et de l'exil), de l'Elément, de la saison, de son "sexe", de sa "maison", sans oublier le nom même du signe. Mais ce qui frappe, c'est à quel point chaque signe est déconnecté par rapport au signe qui le précède ou qui le suit. C'est d'ailleurs bien pratique car cela permet à l'astrologue d'annoncer un basculement dans un autre climat, chaque fois qu'une planète change de signe. Ce surdimensionnement dû aux planètes transsaturniennes aboutit à perturber complètement le système prévisionnel de l'astrologie et introduit des grilles différentes qui font d'ailleurs négliger des grilles plus anciennes comme celles étudiant le passage de Saturne sur certaines étoiles fixes, à des intervalles de 7 ans, ce qui correspond en gros à un quart du zodiaque, les "royales" étant placées aux 4 "coins" du zodiaque et même constituant les dits coins, plus encore que les saisons. On est donc confronté à une alliance assez étonnante des 12 signes - pierre de touche de l'astrologie la plus populaire et des planètes visibles au seul télescope et qui ne figuraient pas, à la différence du zodiaque, dans les représentations de l'astrologie antique. Sorte de grand écart entre une tradition zodiacale ancienne et une doxa astronomique apparue depuis le XIXe siècle et qui disqualifie rétroactivement le travail des astrologues d'autrefois, tout en renonçant à l'argument d'une astrologie qui aurait connu une longue maturation et d'une patiente intégration. On pense à la chauve souris qui, selon, ses interlocuteurs, se voulait tantôt souris, tantôt oiseau! Quant au recours aux planètes lentes en ce qui concerne leurs aspects, l'on risque fort de faire surréagir les astrologues qui s'y soumettent. En effet, on risque ainsi - et d'ailleurs le risque existe aussi pour le positionnement zodiacal- d'amplifier dans le temps un phénomène voué à la courte durée, puisque les aspects mis en avant sont longs à se former et à se défaire. C'est ainsi que J. F. Richard, déclare ne pas trouver de conjonction majeure sur les dix prochaines années...et recommande de se servir d'un semi-sextile (30°) entre Uranus et Neptune pour contrebalancer les oppositions qui se profilent successivement. Qu'est ce qu'une astrologie mondiale incapable de fournir des conjonctions pendant une décennie sous prétexte qu'elle ne veut rien savoir des conjonctions de Saturne avec les Etoiles fixes royales qui se produisent tous les sept ans, à commencer par la conjonction actuelle avec Régulus, en Vierge? A présent, voilà le semi-sextile qui n'est jamais que la taille d'un signe, qui devient incontournable puisque, sinon, on n'aurait rien du tout à se mettre sous la dent, il faudrait attendre trop longtemps.... Donc on se rabat sur le semi-sextile- qui est à la conjonction ou au trigone ce qu'est le signe par rapport à la saison ou à la dualité équinoxiale (printemps Eté d'un côté, automne, Hiver de l'autre). Ces géants que sont les transsaturniennes doivent se contenter d'un demi-sextile en raison de leur lourdeur! Vu que l'on a des oppositions et pas de conjonctions, on est évidemment tenté, d'investir beaucoup dans les aspects de 180° comme celui actuellement en cours entre Saturne et Uranus, soit entre une planète visible et une planète invisible à l'oeil nu (point confirmé par les astronomes actuels, comme André Brahic dans son introduction au collectif de la Société astronomique de France, "Au plus près de Saturne" , Paris, Vuibert, 2004). Voilà notre humanité incapable de visualiser les aspects dont parle les astrologues, un des termes étant fantomatique! Voilà un aspect insignifiant sur le plan visuel remplaçant en quelque sorte une bonne grosse conjonction! La richesse de l'astrologie actuelle en matière astronomique cache mal un certaine dénuement visuel, ce qui contribue à couper encore plus l'astrologie du vécu millénaire observable, la conjonction entre astres visibles étant une donnée à la portée de tous et de tous temps. L'absence de conjonction conduit d'ailleurs certains astrologues à nier l'importance des phénomènes de rassemblement, de concertation à caractère conjonctionnel puisque.... les astres disent le contraire, à les entendre. C'est ainsi que l'astrologie mondiale, en la circonstance, va dans le mur : elle se révèle en fait incapable d'accorder son modèle à la "vraie" réalité sur le terrain qui est l'emprise croissante de l'Etat, la suspension des libertés "disjonctionnelles" qui correspondaient, en fait, à une démultiplication des protagonistes. Comment ne pas voir que l'Union Européenne va vers un recentrage aux dépens de certains de ses membres, non certes sans résistances de la part de ceux qui ont profité d'un certain laxisme? Bien sûr, l'on peut ne vouloir voir que ces résistances mais quand on demande à l'astrologue dans quel sens souffle le vent, il risque fort de ne vouloir mettre en avant que ce qui offre un caractère oppositionnel et à passer sous silence ce qui a un caractère conjonctionnel : les deux processus existent, la question est de savoir lequel va et doit l'emporter pour qu'une certaine nécessité cyclique se déploie. C'est cela l'esprit de la prévision astrologique! Cela dit, il ne faut pas, reconnaissons-le, minimiser les incapacités de certains leaders à être à la hauteur de la situation mais ils seront dans bien des cas remis à leur place, même si cela doit se faire aux dépens de calendriers électoraux établis de longue date sans aucunement tenir compte des impératifs de la cyclicité, laquelle cyclicité, en raison même de la lenteur des transsaturniennes est mise à mal ou conduit l'astrologue à considérer des unités de temps beaucoup trop longues et permettant de grandes envolées historiques qui ne correspondent pas à la vocation de l'Astrologie laquelle doit rester à notre échelle humaine. En conclusion, nous dirons qu'à moins d'une incapacité grave de notre civilisation à se plier à un plan d'ensemble, à une autorité centrale - incapacité sur laquelle nos astrologues semblent spéculer pour sauver leur astrologie - nous nous dirigeons bien au contraire vers une très puissante situation conjonctionnelle, quitte à ce que nos astrologues nous informent que la conjonction et l'opposition, c'est la même chose - c'est une sorte de syzygie à grande échelle). C'est d'ailleurs ce que nous leur suggérons, au bout du compte, vue la lenteur des transsaturniennes : faire de l'opposition une conjonction et du carré une opposition. Mais apparemment, nos astrologues continuent à utiliser une théorie des aspects complètement décalée par rapport aux transaturniennes. Echec théorique de l'astrologie contemporaine, intégrant mal ces nouvelles planètes au sein d'une vénérable tradition. L'on pense à leur présence dans le dispositif des dignités -et débilités- planétaires, qui les greffe sur certains signes, ce qui conduit, dans l'état actuel des choses, à des signes avec et des signes sans maître transsaturnien! Or, que les planètes "extérieures" comme Mars, Jupiter et Saturne puissent être associées à des planètes encore plus lentes qu'elles se conçoit à la rigueur, dans des signes d'automne et d'hiver (Verseau, Poissons, Scorpion), en revanche, on frise l'absurde en associant le bélier à Pluton, alors que c'est un signe de printemps et que les "belles" saisons sont le domaine des astres les plus rapides (luminaires, Mercure, Vénus) En ce qui concerne le thème de l'argent, ajoutons que l'argent est bien plus marqué par les planètes lentes - au niveau du septénaire- comme le trio Mars-Jupiter-Saturne car c'est par l'argent que l'on parvient à faire pression sur les indécis et les non motivés. L'argent et bien entendu l'or, incarnent la lune et le soleil lorsque le monde soli-lunaire est en crise ou éclipsé, tout comme le feu remplace le soleil. Le monde conjonctionnel renforce un certain type d'esclavage par l'argent, c'est la sortie de l'Eté et le basculement vers l'Automne, c'est la Sortie du Paradis Terrestre, le passage du monde de Vénus à celui de Mars, de celui de Mercure à celui de Jupiter et de Saturne. C'est, d'ailleurs, le monde du Verseau, signe d'hiver comme l'étaient déjà les Poissons, au niveau de la précession des équinoxes, laquelle aura aussi fortement contribué à la (re) zodiacalisation de l'Astrologie, du fait même de la lenteur de son mouvement. Le Zodiaque, considéré notamment, à juste titre, par André Barbault, comme un référentiel symbolique dépassé, du moins au niveau prévisionnel (voir l'indice de concentration planétaire, le cycle Saturne-Neptune etc) nous apparaît comme un véritable cancer de la pensée astrologique moderne qui étouffe et recouvre, défigure et dénature le profil de l'Astrologie.
JH 26. 10. 08
Dominique Orés commente:
Barbara de La Motte Saint Pierre
Cher Jacques,
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