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Quel avenir pour l'astropathologie?
par Jacques Halbronn
Il y a des personnes qui sont malades de l'astrologie et il convient donc de les soigner par des moyens adéquats. Faut-il parler d'une overdose d'astrologie? Comment donc se prémunir contre certains excès qui ne peuvent d'ailleurs que compromettre le travail de certains astrologues par trop atteints? Une des thérapies que nous conseillons depuis longtemps est la participation à des colloques. Elle permet à l'astrologue de sortir de son statut de "Monsieur ou Madame je sais tout, j'ai réponse à tout" en rencontrant d'autres astrologues qui sont peu ou prou vaccinés contre l'astrologie et qui ne mangent pas de ce pain là, justement parce qu'ils sont eux-mêmes astrologues. On connait la rumeur qui courait à Rome selon laquelle les augures ne pouvaient se croiser sans sourire. Beaucoup d'astrologues font penser au géant Atlas qui tenait le monde sur ses épaules. Fréquenter ses pairs aura donc un effet thérapeutique et servira de "contrôle" salutaire. Il y a d'ailleurs des astrologues qui ne supportent pas la présence d'autres astrologues comme si l'astrologie ne fonctionnait pas au pluriel. Ils veulent être l'Astrologue, avec un grand A, qui expose l'astrologie à ses élèves et/ou à ses clients. Mais se guérir de l'astrologie, c'est s'ouvrir à d'autres repères, ne pas tout voir par la seule lunette astrologique et ne pas prendre l'astrologie pour une baguette magique qui fait d'un sot un sage. Quel sentiment de reconnaissance doivent éprouver certains astrologues envers une astrologie qui leur a tant donné, tant au niveau personnel qu'au niveau professionnel! Eux qui étaient muets deviennent volubiles, une fois qu'ils ont appris à lire un thème. Et en plus, ils ont une cause à défendre, un dossier à plaider... Pratiquer des séances d'astrologie collective apparaît comme une nouvelle forme de thérapie de groupe à l'instar des alcooliques anonymes ou des weightwatchers. L'astrologie enferme fréquemment la personne dans un monde où le seul savoir jugé fiable est l'astrologie et où, de surcroît, chaque personne est un cas à part, ce qui relativise sensiblement l'importance à accorder à autrui. La prévision astrologique actuellement pratiquée est , à cet égard, quelque peu surréaliste puisque chacun d'entre nous aurait des échéances qui lui seraient propres, qui n'arrivent pas au même moment, comme si chacun évoluait dans son couloir personnel, avec ses directions et ses transits à lui tout seul. La thérapie, ici, consiste à revaloriser le collectif: se resituer comme appartenant à un certain signe, ce qui fait que l'on cesse de se croire tout seul dans son genre. Revenir à l'idée que l'on est des gémeaux ou du capricorne et pas une combinaison unique et rare. Cela signifie se situer par rapport à une certaine norme et s'efforcer de s'y conformer en ce qui correspond à ses aspects les plus positifs. Prendre ainsi le contre-pied d'une astrologie qui se prétend "sérieuse" parce qu'elle vous démontre, thème à l'appui, que personne ne vous ressemble. Bref, on l'aura compris, l'astrologie ici est le meilleur antidote contre l'astrologie. Reconnaissons que l'astrologie collective est moins pernicieuse que l'astrologie individuelle, même si elle flatte moins notre petit ego! La thérapie que nous préconisons va sensiblement plus loin que cette intégration du signe zodiacal, comme dénominateur commun à toute une tranche d'humanité. Nous proposons de vivre ensemble les mêmes cycles, sans immédiatement chercher en quoi tel cycle nous affectera différemment que cela le sera pour notre voisin. Il convient d'apprendre à renoncer à un tel comportement frileux, qui craint les courants d'air et les grands espaces! Ouvrons nous à autrui et voyons ce que nous partageons avec lui, au niveau cyclique. Apprenons à voir ce qui rapproche et non ce qui sépare! Un autre aspect de la thérapie de groupe que nous proposons consiste à ne pas tout tabler sur l'astrologie et à adopter d'autres clefs pour comprendre notre prochain. Nous conseillons, tout particulièrement, de tenir compte du fait que quelqu'un est un homme ou une femme. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple! Selon nous, en effet -(cf. d'autres textes sur Grande Conjonction), l'astrologie, au départ, est souvent le symptôme d'un certain malaise par rapport à l'autre sexe voire quant à son propre sexe. Grâce à l'astrologie, une telle problématique ne serait plus de mise et d'autres clivages viendraient s'y substituer. Avec nos patients, nous essayons de montrer que savoir vraiment ce que c'est qu'être un homme ou une femme vaut la plupart des discours construits autour du thème natal! Il y a là une prise de conscience à assumer. L'astrologie tend en vérité à trop insister sur nos petites particularités, nos petites manies, nos petites différences qui seraient ainsi cautionnées par le cosmos. Croit-on vraiment que tel est l'objet de l'astrologie? Bien au contraire, l'astrologie a vocation à dépasser nos cloisonnements personnels. Bien sûr, l'on a le droit d'être malade, de se singulariser par ses problèmes mais il faut échapper dès que possible à un tel état qui nous met peu ou prou sur la touche. Le médecin ne nous persuade pas que nous devions rester malades indéfiniment et d'ailleurs chacun ne demande-t-il pas à la médecine de fonctionner comme tout le monde et non comme une anomalie plus ou moins monstrueuse. Or, en astrologie, on dirait parfois que l'astrologue pousse son client à avoir des comportements atypiques, décalés, "pas comme tout le monde", ce qui ressort déjà d'un agenda qu'il lui propose qui ne vaudrait que pour lui. Tout cela est assez pathogène! L'astrologie collective, c'est aussi comprendre que les planètes ne sont pas des instances au niveau individuel mais au niveau collectif. Il faut cesser de chercher "Mars" en soi. Mars est le bras armé de la Justice, il est réservé à une corporation. Laisser croire que nous sommes tous animés par Mars est dangereux! Pas davantage, sommes-nous des jupitériens, voués à rendre la Justice, à nous faire justice nous-mêmes! La sphère privée est celle de Vénus : tout le monde a le droit de procréer, de faire l'amour. Placer Mars et Vénus sur un même plan est un contresens qui fait confondre le privé et le public! En conclusion, nous dirons qu'il y a une astrologie pour les bien portants qui est collective et une astrologie pour les malades, les blessés, les infirmes, les personnes âgées bref pour tous ceux qui vivent un peu en marge dans une certaine excentricité, on pourrait parler d'une astropathologie. Or, il semble que -trait caractéristique de notre temps, la pathologie soit trop souvent prise pour la norme: les gens en meilleur santé prennent autant les ascenseurs, leurs voitures ou des somnifères que les personnes fragiles et handicapées. Qu'il y ait une astropathologie est une chose, qu'elle soit utile à certaines personnes est fort bien mais que cette discipline se présente comme étant la raison d'être même de l'astrologie n'est plus tolérable. Si le médecin a comme référence une certaine norme biologique et anatomique, on se demande d'ailleurs à quelle norme se réfère l’astrologue.... On nous répondra que c'est le thème de la personne qui serait "sa" norme et donc chacun d'entre nous correspondrait à une norme différente. Or, il est inconcevable qu'il existe une norme individuelle : toute individualisation ne peut être que ponctuelle: à un moment donné, j'ai telle place au sein du groupe, à tel autre moment, telle autre place. La pathologie naît d'une fixation de cette place, une fois pour toutes, ce qui fait prévaloir le passé sur le présent et réitérer indéfiniment les mêmes postures. Cela dit, cette tendance est visiblement plus marquée chez les femmes que chez les hommes, les femmes étant en quête d'un contenu, plus ou moins figé, à transmettre. Ce qui est pathologique pour un homme ne le sera pas pour une femme et vice versa....
JH 06. 10.08
Commentaire de Marie-Luce Piette
Réponse de JH Vous avez le mérite d'aborder la dialectique du masculin et du féminin. Mais qu'est-ce qui est masculin et qu'est ce qui est féminin? Ce qui me gène dans l'axe soleil-lune, c'est d'abord le fait que les deux luminaires sont domiciliés dans des signes consécutifs et non pas opposés et appartiennent l'un et l'autre à l'Eté (et tous deux au printemps, en exaltation. C'est dire que la pensée astrologique ne les oppose nullement, comme si en fait la lune avait vocation à se conjoindre avec le soleil. L'opposition au soleil est plus à chercher du côté des planètes les plus lentes, à savoir le groupe Mars-Jupiter-Saturne, qui correspondent à un pouvoir réservé à une élite alors que le soleil et la lune brillent pour tout le monde. Il y a en fait d'un côté les astres rapides (Lune, Soleil, Mercure, Vénus - peu importe ici que le soleil soit une étoile, le moins que l'on puisse dire est que jusqu'à Copernic, il n'était pas considéré comme une étoile fixe puisqu'il était supposé tourner autour de la Terre - qui sont ceux de la vie civile, de la sphère privée et de l'autre les astres lents qui correspondent aux instances de régulation et de répression sociale (Mars, Jupiter, Saturne). Observations de Marie-Luce Piette: La Lune et le Soleil ne peuvent être opposés puisque la nuit succède au jour et le jour à la nuit inlassablement. Il n'y a jamais de confrontation. Leur rapport de force est d'ailleurs inégal puisque la lumière pénètre l'obscurité et non l'inverse. Le nocturne n'apparaît que lorsque le Soleil se retire. On est bien là dans un rapport homme femme où l'homme dans sa nécessité de briller face au monde extérieur se retire pourtant en privé dans son foyer et laisse place à la femme. La femme, le nocturne peuvent alors s'exprimer. Le nocturne étant en rapport premier avec la nuit et non pas avec les saisons. La Lune n'est pas représentative d'une nature qui s'éteint et se met en veille mais de quelque chose d'existant qui est sous-jacent, c'est l'avant naissance, c'est la source, la substance qui est prête à éclore, pas la fin. C'est l'intention de. Mais elle ne peut mettre en pratique, il lui faut pour cela le Soleil. Ne dit-on pas souvent que se sont les femmes des présidents qui gouvernent les pays? Il a été calculé que l'axe du temple d'Isis, en 700 av. JC, était orienté sur le lever héliaque de Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel,identifiée à la déesse Isis. Dans l'Egypte ancienne, cet événement annuel coïncidait avec le solstice d'été et avec la crue du Nil et marquait le début de l'année nouvelle. <http://www.cathjack.ch/egypte_pages/sothis.htm>
Il faut respecter les codes: le dispositif astrologique place en face les valeurs complémentaires, non côte à côte. Il y a certes le cas de Mars et de Vénus qui se retrouvent, en domiciles, à la fois en face à face et en cote à cote, ce qui montre que le système a été perturbé de par la double domiciliation qui est quelque chose de tardif. Ne soyons pas anachronique en plaquant des connaissances astronomiques ignorées des Anciens comme de dire que le soleil est une étoile ou même que la Lune reflète la lumière du soleil. Dans le dispositif en question, seul le facteur Temps intervient et comme la Lune est la plus rapide, elle est placée avant le soleil, en cancer, avant le lion. Le soleil et la lune, en fait, sont bel et bien du même côté et correspondent conjointement au féminin (le soleil est féminin dans de nombreuses langues)., c'est à dire à la vie quotidienne, à la routine, à la répétition incessante des mêmes gestes et des mêmes mots. Vénus et Mercure constituent un quatuor avec les luminaires: ils représentent les relations ordinaires où les gens parlent sans commander (Mercure), où ils persuadent sans contraindre (Vénus). En face, le trio masculin qui intervient de façon beaucoup plus radicale: Mars contraint par la force, Jupiter commande et édicte, Saturne est le garant de l'ordre etc. Mars est donc opposé à Vénus, comme Jupiter à Mercure, les planètes lentes sont assignées au monde qui se passe des luminaires (automne-hiver) pour générer une autre loi qui est celle des hommes et éventuellement des étoiles fixes qui permettent en conjonction avec les planées lentes une autre temporalité, par delà le cadre mensuel ou annuel. La recherche historique doit avancer et il est nécessaire de progresser dans la compréhension du savoir astrologique.
MLP
L'on peut tout à fait observer que les planètes sont rangées en domicile selon leur vitesse de révolution, avec comme axe de symétrie les luminaires. Se succèdent ainsi Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Le soleil, ici, n'est pas un roi. La royauté et la puissance de l'Etat est du côté des planètes les plus lentes, à commencer par Mars qui est la force imposant la loi. Il ne s'agit pas seulement de réunir des documents mais de reconstituer la cohérence des systèmes en en saisissant la logique. Du côté des planètes rapides (dont les luminaires), on est dans le monde d'une certaine innocence, celle des belles saisons, du Jardin d'Eden. Il faut en arriver aux planètes lentes pour que s'instaure un ordre social, avec tout ce que cela implique d'institutions. La royauté correspond au monde de l'automne et de l'hiver. Tout comme le feu remplace le soleil, le roi aussi remplace le soleil, c'est le Roi Soleil. La maison x est en phase avec l'Hiver et c'est pourquoi la maison X est associée au pouvoir. En ce sens, il est logique que la maison X se place au sommet du thème, si l'on admet que l'on s'élève à mesure que le cycle planétaire s'amplifie. Toutefois, une telle présentation ne respecte pas l'analogie entre ce qui est au dessus de l'horizon et les "bonnes" saisons, marquées par le soleil. Il y a là une complexité : l'homme-roi construit son empire contre le soleil, il est Plutonien alors que le Soleil est marqué par Cérès/Proserpine. La voûte de la caverne remplace la voûte céleste..
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