Mise en place du  "Test Officiel  d'Identification Céleste"

 

 

 

par Jacques Halbronn

 

             L'astrologie du XXIe siècle devra impérativement se recentrer sur le 2. En cela, nous nous portons radicalement en faux contre les conclusions du Manifeste de Patrice Guinard (site cura.free.fr) qui attira l'attention au début de la présente décennie. Ce n'est pas à la philosophie de prendre modèle sur l'astrologie mais bien l'inverse: à savoir que le 2  doit être dégagé à tous les stades du savoir et de la pratique astrologiques.

             Tout en astrologie est en effet réductible au 2 : le zodiaque, les maisons, les planètes, les cycles et donc doit se retrouver en connexion autour du 2.

            Nous avons déjà abordé cette question (cf. Grande Conjonction) en ce qui concerne le zodiaque dont nous avons montré qu'il se découpait en deux hémisphères: d'un côté printemps et Eté, de l'autre automne et Hiver et qu'il fallait évacuer les interférences entre ces deux zones, notamment en ce qui concerne les doubles domiciles de Mars et de Vénus  qui ne sauraient se situer dans des saisons opposées.

            En ce qui concerne les maisons, il y a également dualité avec d'un côté les maisons "diurnes" (VII-XII) et de l'autre les maison nocturnes (I-VI) si ce n'est qu'il faille inverser, comme le propose Dorsan, la numérotation des maisons. On ne peut pas mettre sérieusement la maison de la mort dans la partie "diurne", par exemple.

            Nous voudrions ici revenir sur la dualité au regard des planètes qui fait probablement plus problème, encore puisqu'il s'agit de corps réels et non simplement de découpages arbitraires.

            Nous avons déjà mis en évidence dans d'autres textes le fait que les "belles " saisons accueillaient les planètes rapides (luminaires et Mercure-Vénus)  et les "mauvaises" saisons les planètes lentes (de Mars à Saturne) comme cela ressort du dispositif des Maîtrises, encore que celui-ci ait été quelque peu perturbé. (par exemple, Jupiter en poissons, signe d'hiver,  placé en cancer, signe d'Eté alors que Mercure est exalté en vierge, en face))

            Les travaux de Gauquelin ont apparemment entériné une certaine différenciation entre les planètes "extérieures" (Mars, Jupiter et Saturne). Selon nous, ces trois  énergies  se réduisent à un seul et même principe et n'ont donc pas à faire l'objet de trois vecteurs distincts. Une des déformations professionnelles les plus flagrantes chez ceux qui ont été (dé)formés par l'astrologie est de s'ingénier à couper les cheveux en quatre, à distinguer tel signe d'un autre, telle maison d'une autre, telle planète d'une autre, ce qui conduit évidemment à perdre de vue le 2!

            Entre Mars, Jupiter et Saturne, il n'y aurait selon nous que des nuances sur un fond identique, qui correspond à ce que l'on peut appeler la personnalité autoritaire qui s'occupe des affaires d'autrui et prétend les régenter, les contrôler. A l'opposé, les personnes marquées par l'autre groupe, celui des astres rapides, tendraient à laisser le monde tourner à sa guise.

            Ce distinguo est assez logique quand on sait que les planètes rapides seraient "proserpiniennes" et les planètes lentes "plutoniennes" (sans rapport ici avec la planète Pluton, on l'aura compris). Au printemps et en Eté, la nature reprend  ses droits aux hommes qui n'ont donc qu'à se plier à son rythme alors qu'en automne et en Hiver, les hommes ont carte blanche pour s'inventer et s'imposer un monde bien à eux, à condition que certains personnages prennent la place du soleil et de la lune et soient en mesure d'unifier, par la force et la contrainte  s'il le faut,  les sociétés autour de leur autorité.

            La première chose à faire pour l'astrologue consistera donc à déterminer auquel de ces deux groupes appartient le client qui se trouve en face de lui. Evidemment, la plupart des astrologues iront regarder le thème astral, étiquette censée nous dire à qui nous avons affaire. Ce n'est pas notre avis et nous préférons, à l'instar de  Gauquelin (voir M. Gauquelin,  Les personnalités planétaires, Paris, Trédaniel, 1992) faire passer des tests (voir notre étude "L'astrologie sensorielle" in N° décembre, Ed. Cosmpolitan, 1976). Donc, que l'on soit clair, cette appartenance  à tel signe solaire: on peut être par conséquent né sous le signe du capricorne et appartenir au monde estival et inversement être né sous le signe des gémeaux et relever du monde hivernal.

            Ajoutons que les gens du monde des "belles saisons" ne dépendent pas des planètes de 'l'autre monde", ces personnes restent sous la coupe soli-lunaire et ne sont marquées par les forces  des planètes lentes qu'indirectement, du fait du pouvoir exercé par les représentants des dites forces "obscures"

            Le tempérament Mars-Jupiter-Saturne (MJS)  existerait donc face au tempérament Luminaires-Mercure-Vénus (LMV). Il se caractériserait et se reconnaîtrait par une certaine faculté à faire usage de la force-sous toutes ses formes -il cherche à impressionner son ou ses interlocuteur(s) par des manifestations de colère. D'une façon générale, on a affaire - ce que n'a pas mis en évidence Gauquelin qui n'a pas cherché les points communs entre ces trois types planétaires- à des personnes qui veulent imposer leur point de vue au plus grand nombre, que ce soit par la science qui n'a qu'une vérité, par le commandement qui prend un seule décision, par la force physique qui ne laisse pas de choix à ceux qui veulent  résister.  En ce sens, le scientifique, l'homme politique, le soldat sont logés exactement  à la même enseigne. Il est chimérique de vouloir chercher trois tempéraments différents. Le souci d'imposer l'ordre est leur credo, leur instinct.  Saturne est l'astre qui leur impose son rythme, selon des intervalles de 7 ans.

            En face d'eux, une autre humanité, plus proche du "bon sauvage", qui laisse à la nature la charge de fixer le cours des choses et qui n'éprouve donc aucunement le besoin d'avoir en son sein des gens sachant faire respecter leurs convictions par tous, comme le ferait le soleil qui brille pour tout le monde. Le personnage "solaire", paradoxalement, ne sera donc pas marqué par le soleil puisqu'il rivalise avec le soleil à l'instar du feu.

            Parler de dualité, c'est précisément refuser le Un! Trop souvent, selon une analogie mal comprise, on assimile le feu et le roi 'soleil" au soleil. C'est là un grave contresens! Nous avons, pour notre part, beaucoup travaillé sur le mimétisme et on ne saurait confondre l'original avec la copie, avec le double.  Un feu de cheminée n'est pas le soleil même s'il s'efforce de le remplacer, il n'est le soleil que par défaut, que par l'absence du soleil. Quand le soleil brille de tout son éclat, on ne va mettre des projecteurs! Certains astrologues manient la dialectique  de telle façon que les contraires se rejoignent, que le cancer équivaut au capricorne, que sais-je? Il s'agit là d'une pseudo-dialectique qui veut carrément passer du Deux au Un.

            Mais une telle quête d'unité conduit à rendre vain tout le discours astrologique en le privant d'une structure duelle et donc permettant une alternance.  On nous objectera que nous avons signalé que les personnalités autoritaires s'évertuaient à imposer l'unité autour d'elles mais il n'empêche que la société est duelle. A Athènes, il y avait les hommes libres mais aussi les esclaves qui n'avaient pas les mêmes droits.

            On pourrait d'ailleurs imaginer un peuple des cavernes, des mondes inférieurs/infernaux, habitué à vivre sans référence aux luminaires, bref un monde plutonien, chtonien, ayant pris, à un certain moment, le pouvoir sur un peuple  païen, c'est à dire vivant selon la loi de la Nature. Cette guerre entre ces deux mondes aurait été au coeur du conflit entre Pluton et Proserpine (dont la mère est Cérès).  Ces deux mondes continueraient à cohabiter et à se défier, chacun ayant un rapport différent au Ciel, les uns, les proserpiniens, ne jurant que par le zodiaque et le Soleil - c'est la clientèle des horoscopes- et les autres. les plutoniens se raccordant aux cycles des planètes lentes,  donc des astres sans grand éclat mais ayant reçu des hommes des significations et des pouvoirs impliquant des rythmes de vie plus lents, permettant  donc des entreprises  de plus longue haleine.

            Il serait donc souhaitable de mettre au pont un Questionnaire, un Test officiel d'Identification Céleste (TOIC) que l'astrologue ferait passer à son client  et qui serait un préliminaire à  toute étude plus individuelle. Dès lors, fondamentalement, la typologie astrologique se réduirait à deux grands types, le plutonien et le proserpinien et quelque part à deux modèles astrologiques distincts. Il resterait notamment à étudier si les femmes sont plus souvent proserpiniennes que plutoniennes et vice versa....ce qui relève du champ que nous avons intitulé, psycho-sexologique (cf Grande Conjonction)

            Pour en rester dans le domaine de la dualité, nous dirons que la prévision, elle aussi, doit rester dans ce registre, c'est à dire expliquer aux élèves et aux clients qu'il y a deux situations en alternance en indiquant le calendrier à suivre. En rester au Deux, cela signifie aussi n'utiliser qu'un seul et unique cycle passant par deux phases, ce qui signifie que nombre de planètes seront réduites à faire de la figuration, n'étant que des avatars et des prolongements des énergies centrales que sont d 'un côté, pour les proserpiniens, le Soleil et la Lune et de l'autre, pour les plutoniens, Saturne et les 4 Fixes Royales (selon l'Astrologie 4 Etoiles), octave supérieure des luminaires,  cette astrologie à 4 étoiles  est en réalité duelle, car elle ne comporte que la conjonction et la disjonction, le rapprochement et la séparation.            (cf nos exposés dans Grande Conjonction)

           

           

JH

09.10. 09

 

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