Encyclopaedia Astrologica

 

 

 

Une astrologie à deux vitesses

 

par Jacques  Halbronn

 

            On nous parle actuellement de la perte des fondamentaux en économie, dans la finance, ce qui signifie un manque de transparence, une incapacité à remonter aux sources, bref une fuite en avant qui n'a pour elle que le fait que 'ça a marché", sans qu'on sache trop ni comment ni pourquoi. On pourrait en dire autant pour l'astrologie à cette différence que le public n'est pas encore dans une crise de confiance par rapport à ce domaine, bien que l'on n puisse dire que les astrologues, en tant que communauté, en tant que corps plus ou moins constitué, aient su annoncer le cours des choses de ces derniers temps, tant au niveau du collectif que de l'individuel.  On notera en passant que la FDAF a eu bien raison de prendre ses distances, à temps, avec la prévision car ainsi on ne pourra lui reprocher de ne pas avoir prévu mais par là même, en renonçant à la prévision, l'astrologie se déconsidère car n'est-ce pas là un de ses fondamentaux, ce qui la légitime dans son existence et son Histoire?

            Une telle crise de confiance, avouons-le, serait une bonne chose pour l'astrologie si cela la conduisait à en revenir aux fondamentaux. Mais pour cela encore faudrait-il les définir et les (faire) connaître.

            Si l'on interroge les astrologues sur le "socle" du savoir astrologique, on entend souvent la même réponse assez stéréotypée à savoir l'ensemble des dispositifs qui s'articulent autour des 12 signes : maîtrises, 4 Eléments, transsaturniennes, maisons,  aspects,  nom des planètes et des signes. Mais quelles sont les bases de tous ces dispositifs, comment ont-ils été constitués? En revenir aux fondamentaux, cela signifie que l'on ne peut plus se contenter de parler de la satisfaction du public mais qu'il faut travailler sur des bases qui sont intrinsèquement solides et pas seulement de par l'ingéniosité des praticiens de l'astrologie. C'est ce que nous avons appelé dans un ancien éditorial de Grande Conjonction (n°24), le retour des ingénieurs et la mise au pas des techniciens. Or, y a t il encore des ingénieurs dans l'"avion" astrologique?

            Certains nous renverront au toilettage, au ravalement réalisés par Jean-Pierre Nicola, dans les années Soixante du siècle dernier. Le problème de l'astrologie conditionaliste est double: d'une part, cette école (représentée officiellement  par le COMAC) a carrément évacué des pans entiers du savoir astrologique et elle l'a fait au nom de l'idée d'une "astrologie moderne" (titre d'un ouvrage de Nicola, paru au Seuil, en 1977) laquelle entend repenser l'astrologie à frais nouveaux, en faisant table rase du passé traditionnel pour s'en tenir à un "passé" scientifique mais inconnu des Anciens : les données dont Nicola se sert ont toujours existé même si les hommes n'en avaient pas conscience et d'autre part parce que le conditionalisme se réfère à des données extra-astrologiques dont il assure qu'il faut tenir compte mais sans nous dire de quoi il s'agit, si ce n'est à nouveau de s'en tenir à la modernité des représentations socioculturelles.

            Notre démarche est sensiblement différente en ce qu'elle n'évacue aucunement les représentations des Anciens et qu'elle ne les noie pas dans les apports de la modernité tant scientifique que sociale. Entendons par là que nous nous refusons absolument à renoncer à comprendre et à apprendre de la Tradition astrologique tout comme nous ne pensons pas judicieux d'intégrer des  données  liées à la nouveauté de notre environnement actuel. Notre approche est celle d'un historien des textes désireux de remonter le cours du temps pour  cerner et discerner un noyau dur qui serait fondateur de l'alliance entre les hommes et les astres, puisque cette idée d'alliance nous semble préférable à celle d'influence, cette dernière notion impliquant que l'on subit plus ou moins à son insu un processus. Le fait que l'astrologie soit un artefact, à nos yeux, ne signifie aucunement, pour autant, que l'on ne doive pas respecter son existence, c'est au contraire une très importante création du génie humain antique. Il n'est pas certain, au vrai, que l'astrologue soit voué à être un bon historien : il fait souvent preuve d'une frilosité qui le condamne à répéter ce que disent les historiens patentés sur sa discipline et ceux-ci s'en tiennent à une lecture assez superficielle des documents qui n'apporte finalement pas grand chose à notre appréhension de la genèse du savoir astrologique en ce que ces documents sont déjà très tardifs, on pense notamment au Tetrabiblos de Claude Ptolémée. Le puzzle est à reconstituer avec beaucoup de patience en se mettant dans la peau des premiers législateurs de la chose astrologique.

            Dans cette étude, nous voudrions donner un exemple de notre façon de traiter des planètes, en la comparant à celle de l'astrologie conditionaliste et à son système RET.

            Un apport du RET est d'avoir distingué trois groupes de planètes: les planètes "intérieures" dont la vitesse de révolution et la position dans l'espace (sauf dans le cas de la Lune, notre satellite) est inférieure ou égale à celle de la Terre – ajoutons dont l’élongation  ne dépasse pas  48° (pour Vénus) alors que Mars peut avoir avec le soleil tous les aspects possibles  -  ou, si l'on préfère, du Soleil, selon un point de vue géocentrique qui était de rigueur autrefois puis les planètes "extérieures" Mars, Jupiter et Saturne et enfin les trois transsaturniennes, invisibles à l'oeil nu, Uranus, Neptune et Pluton. Chacun de ces trois groupes comporterait une certaine unité thématique que Nicola résume successivement  par les trois concepts de Représentation, Existence, Transcendance (d'où le sigle RET) mais c'est aussitôt pour distinguer au sein de chaque groupe en un facteur R, un facteur E et un facteur T, ce qui conduit  à une différenciation des 10 astres entre eux et crée des passerelles entre des astres appartenant à des groupes différents. De la même façon, le zodiaque photo-périodique de Nicola (notamment dans sa "Condition Solaire", conduit à différencier les 12 signes entre eux, mais selon des critères liés au rapport diurne/nocturne, équinoxe/solstice.

            Notre démarche actuelle est sensiblement différente en ce que nous tenons compte des textes qui nous sont parvenus et nous en recherchons les sources et les principes sous jacents, sans nous préoccuper de la réalité astronomique moderne nécessairement décalée, notamment pour ce qui est du troisième groupe "T" de Nicola, qui, d'ailleurs  se distingue mal, d'un point de vue purement astronomique du deuxième, le critère de visibilité ou d'ancienneté n'étant pas signifiant pour la science astronomique. Donc, nous en restons au septénaire et à ses deux branches "intérieure" et "extérieure" correspondant, on l'a dit, au groupe R et au groupe "E" de Nicola, quant au contenu sinon quant au sens.

            Abordant la question des dispositifs des Dignités planétaires tels qu'exposés en partie dans leTetrabiblos - qui ne dit mot des exaltations car elles y  sont remplacées par le second domicile- nous observons que les planètes intérieures sont associées au printemps et à l'Eté et les planètes extérieures à l'automne et à l'hiver, à l'exception de Mars débordant sur le bélier et Vénus sur la Balance. (cf nos autres études sur ce point, in Grande Conjonction)

Ainsi, nous pensons pouvoir établir un lien entre le groupe "R' et les "belles" saisons et entre le groupe "E" et les "mauvaises" saisons, au regard de la tradition astrologique. Ce n'est pas nous qui proposons ce rapprochement, il est dans les textes et obéit à une certaine cohérence. Dont acte.

            Le nom des planètes comme celui des signes n'est à nos yeux nullement indifférent : celui des signes renvoie à des représentations saisonnières très anciennes, celui des planètes à un certain ordre social qui recoupe peu ou prou celui des castes. Sur  le premier point,  il  s'agit simplement d'examiner comment les sociétés anciennes  évoquaient les mois de l'année, comment elles répartissaient leurs diverses activités tout au long du cycle solaire. Il ne s'agissait pas de décrire les saisons de l'extérieur mais de l'intérieur, c’est à dire de la façon dont les hommes les vivaient.  La question des Quatre Eléments ne fait sens que sous cet angle socio-climatique. Le feu n'est alors point de l'ordre de l'Eté mais bien de l'ordre de l'Hiver, comme il n'est pas de l'ordre du jour mais de la nuit.  Or, la plupart des astrologues rechignent à renoncer à l'équation Eté=Feu, ne comprenant pas que le feu n'est pas le soleil mais son répondant nocturne, c'est à dire un anti-soleil, un substitut du Soleil qui comme lui chauffe et réchauffe. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avant de parler des 12 signes, il faut parler des quatre saisons et même de deux ensembles saisonniers séparés par les équinoxes (on renvoie pour le développement de cette approche à d'autres textes sur grande conjonction). Au vrai, la subdivision en 12 nous semble tout à fait secondaire et circonstantiel :il y a 12 lunaisons donc il faut découper les saisons en trois et l'année en 12 mais le 2 est ici le '"fondamental" qui nous permet d'articuler les deux ensembles planétaires décrits plus haut. La Tétrabible procède  à l'envers, elle dédouble le nombre de domiciles pour les ajuster aux 12 signes tout comme elle distingue les planètes entre elles, ne tenant guère compte de l'existence de deux ensembles, si ce n'est, comme on l'a dit, dans les attributions des dits ensembles aux deux hémisphères zodiacaux, ce qui correspond à un état antérieur à la mise en place des doubles domiciles, la Tétrabible innovant mais aussi conservant les anciennes présentations.

            J. P. Nicola part du principe que toutes les planètes du système solaire- y compris les invisibles - agissent et interagissent par rapport à leur impact sur la "condition" humaine. Signalons que les aspects entre planètes, que n'évacue pas l'astrologie conditionaliste,  sont des fictions au niveau influentiel puisque ces intervalles sont purement visuels - correspondant à un effet de perspective, ce qui rend d'autant plus discutable la prise en compte de planètes... invisibles. D'ailleurs, aspect est un mot qui a une connotation visuelle tout comme l'ancien terme "regard".

            Nous pensons, à l'encontre de Nicola, que non seulement il ne faut pas tenir compte des transsaturniennes (T dans le RET)  mais aussi que le septénaire (R et E) n'a pas à être d'office intégré dans la pensée astrologique comme correspondant à sept influences distinctes. Pourquoi ne pas se contenter de dire qu'il y a deux types de planètes avec deux types d'effets, pourquoi vouloir à tout prix tout différencier? Précisément, le nom des dieux planétaires nous évite un tel travers: on n'a pas de mal à voir que le monde de Mercure et de Vénus n'est pas celui  de Mars et de Jupiter. Maintenant faut-il nécessairement distinguer Mars de Jupiter et Mercure de Vénus? Nous ne le pensons pas: il s'agirait plutôt de deux combinatoires, l'une centrée sur l'autorité et de ses représentants  et l'autre sur la vie au quotidien de tout un chacun. Cela donne une tonalité, disons même que c'est là un livre ouvert, un véritable manuel à lire comme tels.

            La thèse que nous exposerons ici pourra surprendre plus d'un, tant elle tranche avec les représentations de la plupart des astrologues bien que, selon nous, elle soit  fidèle à l'enseignement d'origine de l'astrologie.  Nous subdiviserons chacun des deux groupes planétaires en deux: d'une part les astres opérationnels dont il faut suivre le cours et de l'autre la tonalité de leur signification: dans le premier groupe, les deux luminaires "roulent" pour Mercure et Vénus, dans le second, Saturne, en tant que planètes et non pas en tant que dieu, est le vecteur de Mars et de Jupiter. D'où le tableau suivant où les astres actifs sont en minuscules (aux extrémités)  et les astres "symboliques" en majuscules.(au milieu):

 

Lune Soleil/ MERCURE  VENUS ( TERRE) MARS JUPITER, Saturne (étoiles fixes)

           

            Il manque un facteur à ce tableau pour que la symétrie soit totale, ce sont les étoiles fixes au contact desquelles Saturne, la planète la plus éloignée, se trouve le plus directement.  On a ainsi un binôme lune tournant autour du soleil, en quelque sorte,  face à  Saturne tournant autour de certaines étoiles fixes (les 4 royales, voir nos développements sur grande conjonction). On rappellera la dialectique Saturne/ Lune,  tous deux correspondant grosso modo aux mêmes chiffres, l'un en années, l'autre en jours.

            On aura compris que l'astrologie "opérative" se réduit à soleil-lune-Saturne-4 fixes et l'astrologie conceptuelle à Mercure-Vénus-Mars-Jupiter.  Le fait que les luminaires ne portent pas le nom de dieux est ici un indicateur d'une dichotomie au sein du groupe "intérieur" (R) tout comme l'absence de noms de dieux pour les fixes. Quant à Saturne, son nom grec de Kronos le présente comme une horloge, un marqueur de temps (chronos, en grec, on notera que les saturnales sont une fête du basculement social.

            A partir de là, deux humanités sont en présence, l'une axée sur le printemps et l'Eté, sur les valeurs Mercure et Vénus, sous le joug du soleil et de la lune tandis que l'autre est axée sur l'automne et l'Hiver, sur  les valeurs Mars-Jupiter, sous le joug de Saturne et des fixes.

            Le rythme de vie de ces deux populations  est  très dissemblable, si l'on en croit la vitesse de révolution de leurs  astres recteurs.  D'où une typologie contrastée avec seulement deux options. C'est cela le  "fondamental" que nous préconisons pour l'astrologie et nous parlerons des proserpiniens et des plutoniens, sans aucun rapport avec les astres portant de telles dénominations, faisant ainsi référence à un  mythe articulé sur le cycle des saisons, divisant l'année en deux et non en quatre, cela dit en passant tout comme la journée correspond à deux tours d'horloge.

            Comment ces deux "humanités" auraient-elles le même rapport au monde et surtout au Temps? Comment correspondraient-elles à la même astrologie? C'est bien là que surgit le clivage qui déchire actuellement le milieu astrologique, entre ceux qui attendent de l'astrologie un accompagnement au jour le jour,  donc une microprévision entrant nécessairement dans un luxe de détails au niveau individuel  et  ceux  qui se concentrent des enjeux de plus longue haleine. En fait, nous définirons ces deux ensembles de personnalités par le fait que les unes sont marquées par l'avoir dont on sait à quel point il peut être fluctuant  (gain, perte, du jour au lendemain) et l'être qui se construit   de l'intérieur à un rythme beaucoup plus lent et sans que des événements ponctuels remettent en cause ses acquis "internes", sauf dans le cas de la mort.  Il est probable que le second groupe soit beaucoup plus rare que le premier. Cest un peu comme les groupes sanguins.

            Mais comment savoir à quel groupe nous appartenons et si nous sommes guidés par la Lune ou par Saturne? Nous ne pensons que cela se sache par le thème natal  puisque nous ne prenons pas en compte toutes les planètes Il convient de procéder par des tests, des questionnaires concernant le rythme de  vie, les valeurs déterminantes, la mentalité. Un saturnien sera évidemment marqué par le passage, tous les 7 ans, de "sa" planète sur l'une des 4 étoiles fixes ainsi que par les mi points intermédiaires qui le font "décrocher" (disjonction) et donc prendre une tonalité lunaire. Un lunaire  sera marqué par le passage de l'astre des nuits dans les deux hémisphères zodiacaux, donc tous les quinze jours : entrée de la lune en bélier et en balance ou plutôt conjonctions lune-soleil aux approches des constellations du bélier et de la balance,  car pour nous cette ligne reste abstraite et ne constitue pas un signal fort comme c'est le cas quand deux astres se conjoignent  visuellement.  L'astrologie saturnienne risque évidemment moins de basculer dans l'astromancie, pour reprendre le terme de la pétition de la FDAF.

            Le retour de l'astrologie aux fondamentaux que sont les planètes visibles  à l'oeil nu,  les saisons, les conjonctions de deux corps réels; les deux moitiés zodiacales et les deux groupes (intérieur et extérieur) de planètes  nous parait la voie de la sagesse. Cela ne signifie pas que l'on soit en face de la même épistémologie pour ces deux types d'astrologie. L'astrologie soli-lunaire a évidemment pour elle sa plus grande ancienneté car  les luminaires ont une réalité plus tangible que Saturne, dont l'existence n'a été découverte que bien plus tard que l'observation du soleil et de la lune. L'influence des luminaires est également plus évidente au regard de la physique que celle de Saturne et des étoiles fixes. En revanche,  vouloir rendre compte par cette astrologie de tout ce qui nous arrive en bien et en mal, comme le font d'ailleurs les horoscopes des journaux, ne peut que déboucher, à force de pousser le bouchon plus loin, que sur des invraisemblances impliquant un quadrillage heure par heure de ce qui survient au niveau des fluctuations de notre avoir. On le voit avec la crise actuelle. Mais d'un autre côté, l'astrologie saturnienne n'est pas si facile à défendre en ce qu'elle s'appuie sur des signaux moins obvies que les rencontres des luminaires, ce qui exige une toute autre grille d'explication de son mode de fonctionnement (cf. nos études sur ce  sujet sur grande conjonction). Toutefois, sur le plan prévisionnel, les choses sont plus simples et les prétentions plus globales, touchent à des domaines moins privées et plus publics. En tout état de cause, ce n'est pas de la même façon une astrologie d'accompagnement d'autant que ses enjeux ne sont pas les mêmes, se situant dans le registre de l'ordre ou du désordre social - comme c'est le cas actuellement - et non du bonheur individuel  marqué par des petits riens, petits bonheurs et petits malheurs volatils  qui n'affectent pas vraiment  la course du monde. 

            Un des maux qu'il faut combattre avec le plus de vigueur est le polycyclisme qui déconsidère l'astrologie. Il est essentiel que l'astrologie dispose de  cycles  réguliers et n'interférant pas entre eux. Si les humains ont intégré certains cycles, c'est justement du fait de leurs retours régulier aux mêmes endroits du ciel.  A partir du moment où l'on a des conjonctions cycliques qui se promènent un peu partout dans le zodiaque. On aura compris que les deux cycles que nous privilégions à savoir le cycle court soleil-lune qui se joue en mois et le cycle "long" Saturne-étoiles qui se joue en années ont le bon profil du fait de récurrences constantes qui peuvent clairement être explicitées à l'intention du public. D'ailleurs, la vocation de ces cycles est bel et bien d'établir un double calendrier au vu et au su de tous, l'un  au niveau mensuel et annuel voire à celui de la semaine ou du demi-mois(d'une nouvelle lune à une pleine lune) et l'autre au rythme de tous les 7 ans, ce dont la Bible a gardé le souvenir (sept vaches grasses, sept vaches maigres, le songe de Pharaon interprété par l'Hébreu Joseph,  est une véritable leçon de gouvernance mais aussi  les lois agricoles des Juifs, sur la base de 7 ans et de 49 ans).

           

           

           

            JH

 

27. 10. 08

 

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