Une nouvelle interprétation des  résultats  Gauquelin

 

par  Jacques Halbronn

 

            L'importance  nous  accordons aux signes du zodiaque ne doit pas porter à confusion.

            Nous n'entendons pas par là intégrer ces données dans le domaine de l'astrologie au sens strict du terme mais uniquement en tant qu'informations en amont, préalablement au travail proprement astrologique, tant il est vrai qu'une discipline ne peut pas ne pas s'inscrire au sein d'un ensemble plus vaste.

            Ainsi, quand nous parlons des proserpiniens ou des plutoniens, des vénusiens ou des martiens,  nous n'entendons pas parler des planètes portant éventuellement ce nom mais nous référer directement au plan mythologique.

            De même, quand nous étudions les signes d'hiver ou de printemps, ce n'est pas pour étudier si les gens nés en ces saisons sont comme ceci ou comme cela mais pour faire apparaître certains clivages socioculturels voire socioprofessionnels.

            Le savoir véhiculé par l'astrologie n'est pas nécessairement ...astrologique, il peut avoir été emprunté par l'astrologie  en tant que données pouvant lui être utiles mais n'en restant pas moins distinctes de l'Astrologie en tant que telle.

            Tout comme l'astronomie véhicule de l'astrologie, l'astrologie véhicule de la mythologie et toutes sortes de savoirs qui peuvent la compléter. On pense notamment aux "maisons"   dont les 12 séries de significations, que l'on  peut réduire à deux ensembles, comme pour les dieux planétaires et les signes du zodiaque  ne font pas, selon nous, davantage partie de l'Astrologie, mais lui sont bien associées au sein d'un certain corpus dont elle fait partie intégrante mais qui la déborde sensiblement.

            Nous avons déjà signalé à quel point le triptyque astrologie/astronomie/mythologie était intriqué mais il faudrait ajouter une certaine représentation sociologique que l'astrologie aurait récupérée et dont elle aurait fait usage avant de l'intégrer, malheureusement, dans son système opératoire (diagnostic/pronostic). On pourrait parler d’une archéo-sociologie nous parlant des mécanismes sociaux,  ce qui n'exclut nullement le recours avec une analogie avec la dualité jour/nuit  par exemple.

            Cela dit,  il convient  de distinguer le refus de catégories multiples et l'existence d'une dualité fondamentale  sous jacente aux dites catégories. En d'autres termes, sous les 12 signes, il y a deux ensembles, tout comme derrière les 7 "planètes", il y a deux ensembles, tout comme d'ailleurs c'est aussi le cas pour les 12 maisons. Les tentatives des dispositifs des domiciles à relier planètes et signes mais aussi maisons, nous semblent témoigner d'une volonté assez maladroite d'unifier ces trois plans.

            Les travaux de Michel Gauquelin nous laissent perplexe, il faut l'avouer. Encore faut-il savoir les interpréter. A en croire les interprétations habituelles, y compris celles qu'il propose (cf. Les personnalités planétaires, Ed. Trédaniel, 1992), quatre planètes voire cinq (avec Vénus) donneraient des résultats significatifs: Lune, Mars, Jupiter, Saturne et Vénus.  Il faudrait aussi s'intéresser à la théorie des Ages de J. P. Nicola qui soutient que l'ordre des significations  des planètes correspond  à celui de la croissance en âge de l'être humain.

            En ce qui concerne Nicola, un tel résultat ne devrait pas surprendre dans la mesure où Nicola a redéfini les planètes à sa façon et donc a fort bien pu construire un modèle compatible avec les stades successifs du psychisme humain à moins que cela n'ait été l'inverse et qu'il soit parti des dites stades successifs pour qualifier la succession des planètes...Mais la théorie des Ages, de toute façon n'implique pas en soi une influence planétaire.

            En ce qui concerne Gauquelin,  au contraire, il  faudrait admettre que les personnes appartenant à tel groupe socioprofessionnel naîtraient sous un astre différent de celui sous lequel naîtraient les personnes relevant d'un autre group. Qu plus est, le nom de ces astres, cerise sur le gâteau, correspondrait mythologiquement, grosso modo, aux professions correspondantes. Par exemple, Mars se levant ou culminant chez...les sportifs et tout à l'avenant.

            Ce qui nous embarrasse aussi est le fait que Gauquelin n'ait rien trouvé pour Mercure ou le Soleil mais aussi, paradoxalement,  qu'il ait obtenu quelque chose pour la Lune, laquelle n'appartient pas au même groupe que le trio des planètes "extérieures" (Mars, Jupiter, Saturne). Nous aurions été moins étonnés si Gauquelin n'avait trouvé que pour ce trio puisque, par la suite, Gauquelin notera que ses travaux ne marchent que pour un certaine élite, une certaine excellence professionnelle, pour des gens faisant autorité. (cf. nos travaux sur ce point in grande Conjonction). Ajoutons que Gauquelin n'a rien obtenu pour les planètes transsaturniennes...ce qui ne saurait nous surprendre vu qu'elles n'ont certainement pas, de toute façon, le même ancrage dans le psychisme humain, en raison de leur éloignement et de leur  découverte relativement récente.(cf. notre étude in L'étrange Histoire de l'Astrologie, avec Serge Hutin, Paris, Artefact, 1986)

            Précisons que selon nous, l'humanité ne réagirait aux signaux cosmiques que périodiquement, dans la discontinuité. Mais pour réagir, il faut être vigilant et donc être constamment à l'affût, même si, de fait, les signaux pertinents ne sont perceptibles qu'à intervalles.

            L'hypothèse que nous formulerons est la suivante: une certaine humanité vouée à réagir à certains signaux est obligée de rester constamment sur le qui vive car elle ignore la longueur des dits intervalles."Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir?". Il y aurait ainsi des guetteurs des "signes". Certes, le signe serait spécifique mais il faudrait  le repérer au sein d'un ensemble sensiblement plus vaste.  Certes, Saturne, selon nous, serait la cible par excellence ainsi que les quatre étoiles qu'il aurait à rejoindre successivement mais pour suivre tout ce processus, c'est l'ensemble des planètes qu'il convient d'inventorier en permanence. C'est comme quelqu'un qui monte la garde, il va devoir traiter, par dessus le marché,  toute une série de données sans rapport avec ce qu'il cherche. Imaginons un policier en faction devant l'immeuble d'une personnalité politique, la rue du dit immeuble étant spécialisée dans le vêtement, à force, le dit policier se familiarisera avec le monde de la couture, dans la foulée.

            On peut donc penser que les travaux de Gauquelin se situent dans ce registre du guet tous azimuts qui est la condition préalable à l'identification des configurations utiles à l'astrologue 4 Etoiles. On serait dans une pré-astrologie, d'une astrologie collatérale.

            A sa naissance, l'enfant  serait déjà programmé pour inspecter le cosmos et  en faire une certaine lecture. Nous supposerons qu'instinctivement,  cet enfant particulièrement sensible - et nous pensons au groupe des "plutoniens"- est capable de capter tout ce qui "bouge" dans le ciel, hormis le cas de Mercure par trop proche du soleil pour être pris en compte et hormis le soleil lui-même pour quelque raison tenant à la particularité de cet astre -se cadrera, quant au moment propice à sa naissance, sur certaines données planétaires remarquables (astre se levant ou culminant).

            Autrement dit, l'enfant plutonien, celui qui a un talent prononcé pour s'imposer, naîtra sous un ou plusieurs astres placés à des points stratégiques (horizon, méridien) au moment de sa naissance ou si l'on préfère naîtra au moment où certaines positions planétaires seront  significatives, c'est à dire ne seront pas quelconques. A contrario, le proserpinien n'aurait pas cette aptitude à capter le système solaire en se servant d'automatismes sensoriels et devrait se contenter des rapports soleil-lune. Précisons en effet que selon nous, il y a deux humanités, l'une sensible aux luminaires et vouée à un état subalterne socialement (les proserpiniens)  et l'autre sensible aux planètes "lentes", constituant une élite (les plutoniens)

            On nous objectera que cela n'explique pas pourquoi Mars est dominant chez les sportifs et Saturne chez les scientifiques de haut vol.  Gauquelin, en fait, étudie une élite, tous métiers confondus et il lui aurait suffi de conclure que cette élite naît lorsque certaines planètes sont en train de se lever ou de culminer, sans chercher pour autant à détailler.

            Or, Gauquelin a voulu aller plus loin et relier telle planète à telle profession et c'est là qu'il a probablement fauté en voulant trop démontrer.  Etant donné que selon nous le choix par le nouveau né de telle ou telle planète en position remarquable est arbitraire, il était vain de prétendre que celui qui réussirait dans le domaine sportif naîtrait plus spécialement au moment du lever ou de la culmination d'une certaine planète, en l'occurrence Mars.

            Selon nous, Gauquelin aurait donc bien trouvé quelque chose de tout à fait essentiel et qui prépare la validation de nos propres travaux mais marqué par la caractérologie et par une certaine connaissance de l'astrologie, il n'avait pas envisagé  de présenter ses travaux de façon globale, c'est à dire sans s'attarder sur la planète, quelle qu'elle soit,  présente à la naissance.

            On aura donc compris qu'autour du noyau astrologique (Saturne 4 Etoiles) gravitent divers savoirs fort pertinents à condition de les restaurer et/ou de les recadrer.

             

 

JH

22. 10 08

 

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