Du nombre au symbole.

 

Par  Jacques Halbronn

 

           

                        Bien que nous n’accordions pas d’intérêt particulier à l’Ere du Verseau ni à la symbolique zodiacale au niveau de notre approche de l’astrologie, il nous a tout de même semblé souhaitable  de préciser, pour ceux que cela concerne, ce qui est inhérent à ce signe d’une part et ce que l’on plaque sur lui,  à plus ou moins bon escient.

                        Le Verseau est un signe d’hiver, donc de “mauvaise” saison.. Il convient de le situer dans l’imagerie hivernale des Livres d’Heures et des Kalendriers, à savoir non pas tant des représentations de la Nature mais plutôt de la Ville. Le début du Verseau, avant la réforme grégorienne, tombait à la mi-janvier et la vignette de ce mois campe des gens attablés, pas nécessairement des membres d’une même famille mais aussi des amis, des voisins  qui se reçoivent entre eux. Maisons du visible ce qui est au dessus de l’horizon, qui concerne les frères et soeurs, les  parents, les domestiques, la langue maternelle, bref les personnes que l’on ne  choisit pas, qui marquent nos premières années (enfance, adolescence) face aux maisons de l’âge adulte qui nous éloignent du foyer - symbolisé par la lumière du jour, de ce qui est visible, au dessus de l’horizon -  du fait de notre départ vers de nouveaux horizons inconnus, invisibles (mariages, voyages au loin,  enfermement)  ce qui est représenté par les planétes qui  sont sous l’horizon, si du moins l’on n’avait pas inversé le sens des maisons et mis les maisons nocturnes en haut et les maisons diurnes en bas.(cf supra). On songe à la maison XI, maison dite des amis et qui est à l’opposé de la maison V, celle de la progéniture. Plus largement, les signes où le soleil est affaibli correspondent à des maisons d’éloignement par rapport au foyer parental, mais aussi par rapport à un monde féminin, celui de l’enfantement, de la naissance.  Ces signes d’automne et d’hiver sont moins dépendants du soleil et de ses bienfaits qui y sont rares - on pourrait les associer à Saturne qui se situe à l’opposé des dignités des luminaires, tant en domicile qu’en exaltation - et l’homme doit se débrouiller par lui-même, s’il n’a pas su se préparer à cette période, il mourra de faim ou de froid. On retrouve la parabole des vaches grasses et des vaches maigres du songe de Pharaon interprété par l’Hébreu Joseph. C’est d’ailleurs aussi la fin de la vie même si le cycle des saisons prépare déjà le retour du Printemps.

                        Le climat psychique du Verseau, puisque cela influe sur notre représentation de ce que pourrait être l’Ere du Verseau, est  bien plus masculin que féminin, n’en déplaise aux féministes. Il est, on l’a souligné, aux antipodes des valeurs diurnes, il concerne non pas la famille que l’on ne choisit pas et qui trouve son unité de par l’hérédité mais bien un ensemble de personnes dont on a fait la connaissance au cours de sa vie et que l’on fréquente et qui ne constituent un ensemble que parce qu’ils sont nos amis justement. On peut certes parler de karma pour expliquer telle ou telle rencontre mais faut-il que les employés d’une même entreprise ou les joueurs d’une même équipe de foot ball aient été surdéterminés à se rencontrer?  Le signe du Verseau serait donc bel et bien le signe de l’homme non pas  tant issu de la nature que rivalisant, tel Prométhée, avec elle? En fait, le verseau serait le signe de la résilience, c’est à dire de la sublimation de l’affect (cf Boris Cyrulnik) On est loin de ce que nous avons appelé la thèse de la spiritualisation de la matière maternelle, laquelle thèse met carrément l’homme au chômage puisque l’esprit ne dépendrait plus de lui. Mais ne faut-il pas que les astrologues soient imbus de leur savoir pour en situer l’origine dans la transcendance? 

                        On rappellera en passant l’anomalie consistant à placer les maisons correspondant numériquement aux signes d’automne et d’hiver au dessus de l’horizon et vice versa. Cela est bel et bien contraire  à  toute logique analogique, tout comme d’ailleurs le fait que la numérotation des maisons aille en sens inverse de la progression des astres dans le ciel, la planète se levant passant par les maisons XII, puis XI puis X et ainsi de suite, ce qui d’ailleurs correspond étrangement à une sorte de précession où l’on passerait des Poissons (12) au Verseau (11) etc..Rappelons d’ailleurs que la précession est comme les maisons liée au phénoméne de la rotation de la Terre sur elle-même. (cf Christian Urvoi, Nous sommes tous divins. L’hypothèse du principe d’ordre, Ed Ark Alliance, 1997, pp. 119-121)

                        Le signe du verseau est celui de l’échanson des dieux, comme le rappelle Paul Lecour dans son livre paru en 1937. L’échanson est celui qui sert à table, on voit  que l’on est bien dans ce contexte du banquet attesté par l’iconographie des almanachs. Mais ce n’en est qu’un élément extrait de toute une scène qui n’est pas sans évoquer d’ailleurs la Cène des Noces de Cana (Evangile) et donc l’eucharistie, avec l’hostie et la coupe. Cette coupe aquarienne (le verseau, c’est Aquarius en latin) ne serait donc que le symbole d’un ensemble plus vaste auquel il renverrait et dans ce cas, il n’y aurait pas de raison de s’intéresser au symbole en  tant que signifiant mais au signifié, ce à quoi il fait référence et dont il est inséparable, avec lequel il doit tôt ou tard se réunir, après la séparation, la brisure qui est le sens initial du symbole (qui comporte le grec syn, que l’on retrouve dans synthèse, dans synergie et qui correspond au latin cum, que l’on trouve dans conjonction)

                        Autrement dit, pour nous le symbole doit être relié à ce dont il est issu et non pas interprété isolément comme on le fait trop souvent.  La symbolique du Verseau évoque  un ensemble plus vaste qui devient le véritable référent.  Mais dès lors que le souvenir des origines est perdu, le symbole devient orphelin et doit se débrouiller par lui-même. Il y a bien des séries symboliques qui font penser à  un orphelinat bien plutôt qu’à un ensemble cohérent. Si  pour décrire dix personnages, je prends de chacun d’eux un élément, est-ce que la somme de ces éléments fera sens ou bien faut-il remonter vers les personnages? On voit que le sens du symbole a pu sensiblement évoluer. .Imaginons que je désigne dix pays par leurs drapeaux respectifs et que je finisse par ne plus raisonner qu’à partir de ceux-ci voire que je finisse par oublier à quel pays correspond chaque drapeau..... L’art divinatoire est souvent lié à l’ignorance: qui ne sait pas n’a plus qu’à deviner.

            .Considérons le travail d’Alexandro Jodorowsky (La Voie du Tarot, avec Marianne Costa, op. Cit.), on a là l’exemple type d’une polarisation sur le moindre détail de chaque arcane et d’une indifférence aux documents dont ces arcanes pourraient être issus : approche synchronique et guère diachronique. Quelques échantillons des observations du cinéaste-tarologue chilien :  en ce qui concerne le Bateleur, arcane n°1,  Jodorowsky ne fait pas de rapprochement avec le premier mois de l’année, janvier, tel qu’il est représenté dans les Livres d’Heures. Pour lui (pp. 139-140)  les couteaux placés sur la table  correspondent aux épées, et non simplement à des couverts de table, comme d’ailleurs la coupe.  Quant à la table,  ce n’est pas une table de salle à manger mais un stand de prestidigitateur! Au vrai, il y a probablement comme dans de nombreux arcanes, plusieurs documents amalgamés sur une seule et même carte dont l’unité est souvent factice. Quant à l’arcane VI, L’Amoureux, Jodorowsky insiste bien sur le fait que c’est un singulier (p. 169), ce qui l’empêche de le relier au signe des Gémeaux et au mois du calendrier qui est le théâtre des fiançailles (cf notre étude à la rubrique tarotica, Encyclopaedia Hermetica). On voit à quel point la moindre corruption du document est prise au sérieux, faute de pouvoir/savoir établir de rapprochements. Bien entendu, Jodorowsky ne proposera pas de rapprocher l’arcane XIII la mort d’une scène de moissons, également empruntée aux Livres d’Heures....pas plus que le signe du Verseau ne sera indiqué ni à propos de la Tempérance, ni à propos de l’Etoile et encore moins du Bateleur. Quant au crabe figurant dans l’arcane de la Lune, il n’est pas rappelé par Jodorowsky que le signe du cancer est le domicile de ce luminaire, en astrologie. Quant à l’arcane du Monde (XXI),  Jodorowsky fait certes (p. 264) le rapprochement avec  les symboles des quatre évangélistes mais n’en note pas moins  que l’animal correspondant au taureau ferait aussi bien songer à cheval. Plutôt que de rapprocher la couronne entourant le personnage central de cette carte du signe de la Vierge, toujours dans les livres d’heures et singulièrement dans les Très Riches Heures du Duc de Berry,  Jodorowsky parle d’une “couronne de feuillage bleu ciel”, là où à l’évidence il s’agit d’une couronne d’épis dorés.  Voilà ce qui se passe quand on décide de ne pas se servir de l’astrologie ou des livres d’heures pour décrypter le Tarot!

            Nous avons rapproché, comme c’est la coutume, le Verseau de la maison XI,  mais savons-nous pourquoi telle maison a reçu telle attribution plutôt que sa voisine? Il nous semble qu’une des règles suivies est qu’on ne peut attribuer la même signification à deux  secteurs ou à deux facteurs aussi semblables seraient-ils. Considérant que ce serait une impasse d’établir des rapprochements quelque peu embarrassants, la tendance est à monter en épingle les moindres différences, c’est ce qu’on appelle “couper les cheveux en quatre”. En fait, ce qui compte, c’est de donner du sens à des divisions ou plus prosaïquement de les désigner pour qu’on ne les confonde pas, quand il s’agit notamment de baliser un parcours et pour ce faire tous les moyens sont bons. Ce ne sont pas les astronomes qui nous contrediront qui donnent des noms aux astres nouvellement découverts et qui se servent des constellations zodiacales pour les localiser, sans pour autant une quelconque signification à ces attributions. Il n’y a qu’à voir comment on baptise les sous marins.....De là à épiloguer sur le nom de tel ou tel sous-marin!.. Il nous semble donc, pour les mêmes raisons, qu’en ce qui concerne le Tarot, le nombre 22 a certainement été un préalable déterminant, qui a conduit à recruter des éléments susceptibles de meubler un tel nombre de cartes.

            Nous proposons donc de privilégier le nombre sur le symbole:  au départ, il s’agirait moins de désigner que de signifier et par conséquent le choix des documents utilisés est assez secondaire, ce qui expliquerait le caractère hétéroclite des dits documents, surtout quand on les a choisis non pas au même moment mais sur un certain temps, ce qui est le cas de la désignation des transsaturniennes et autres astéroïdes.  Rappelons que le H d’Uranus rappelle le nom de son découvreur, William Herschell et le fait que l’on ait désigné ainsi, dans les premiers temps, cette planéte. Mais au nom de quelle mystique peut-on affirmer qu’Uranus n’aurait pas pu, par exemple, s’appeler Cérés, comme ce fut le cas pour l’astéroïde découvert 20 ans plus tard?

            Par commodité, on s’accorde sur une certaine thématique comme lorsque l’on doit baptiser les rues d’un quartier neuf, comme ce fut le cas du quartier de l’Europe, à Paris, dans le Ixe arrondissement : toutes les capitales y passent... Les jours de la semaine également sont une série de sept jours qu’il a été commode de désigner par les planètes, sans d’ailleurs que les astrologues modernes s’en soucient..

            Le problème, c’est qu’à cette phase de désignation assez innocente sinon insignifiante  peut faire suite une phase où tout fera signe, comme on l’a vu pour le Tarot chez Jodorowsky, puisque, n’est-ce pas, rien ne se fait par hasard. Et à partir de là  le nom attribué à tel astre, à tel secteur du ciel va permettre de “savoir” ce qu’ils sont intrinsèquement. Le débat entre astronomes et astrologues tient en partie à ce décalage : on attribue du sens au zodiaque alors qu’au départ cet ensemble ne faisait pas sens et son caractère hétéroclite, lacunaire, en témoigne, quand on enlève le vernis ajouté pour montrer que “si, cela fait bien sens”.

            Le discours divinatoire s’est certainement construit, articulé autour de ces séries désignatives. Celles qui concernent l’astrologie ne posent guère problème pour ce qui est du nom des astres et des signe zodiacaux. En ce qui concerne les maisons, qui servent d’abord à situer un astre au cours de son déplacement quotidien, lié à la rotation de la terre, il semble qu’il y ait du avoir un processus de désignation qui aura fini par basculer vers le divinatoire à moins que, dans ce cas, le mode divinatoire ait existé dès le départ, tant il est vrai que les significations des maisons nous semblent plus cohérentes que celles des signes du Zodiaque (cf infra). Dans ce cas, il aura fallu, sur une base analogique dont nous avons traité plus haut, trouvé une douzaine de secteurs significatifs: là encore, il y a un primat du nombre : il y a un vide à remplir.

            Quid du Tarot?  Qu’est ce qui a amené à avoir besoin de  22 arcanes? Certes, ce nombre n’est pas indifférent, il est celui des 22 lettres de l’alphabet hébreu mais on peut envisager d’autres fondements, comme par exemple, trois séries de 7 secteurs, comme le suggère Jodoroswsky. Pour quelque raison, on aura eu besoin de “remplir” 21 ou 22 cases et on aura pris peu ou prou ce qui tombait sous la main. Nous ne savons pas exactement comment cela s’est passé et pourquoi ces 22 cartes ont été associées au jeu de  56 cartes, était-ce simplement pour constituer des atouts, des “triomphes”?  Dans ce cas, le  Tarot aurait bien été un jeu de cartes avant de devenir, aussi, un système divinatoire.  Pourquoi ceux qui conçurent un tel jeu puisèrent-ils dans les livres d’heures mais aussi de morale (les vices et les vertus) et dans d’autres documents astrologiques ou prophétiques? En raison d’un certain pittoresque, probablement. Ce choix de 22 était, quant à lui, une idée comme une autre. C’est ce qu’on appelle jouer à l’apprenti sorcier comme quelqu’un qui intimé de lire un texte pour faire dormir un enfant irait tirer d’une bibliothèque tel grimoire magique......

             Inversement,  un texte prophétique peut quant à lui s’inspirer de documents parfaitement profanes, c’est ce qui s’est probablement produit pour les Centuries: il fallait produire coûte que coûte un certain nombre de quatrains - chaque centurie doit en comporter cent comme son nom l’indique - quitte à y mettre à peu près n’importe quoi. Les exégètes, ensuite, se serviront,  comme on sait, à leur façon, d’un tel ensemble à la fois de signifiants et de signifiés.

            On comprend désormais pourquoi on associe signes du zodiaque et maisons astrologiques: si les signes ne constituent pas un ensemble pertinent, en dépit des efforts pour plaquer des correspondances planétaires (domiciles, exaltations), associer  les Quatre Eléments selon un dispositif triangulaire, ou encore les Quatre Saisons, les parties du corps humain, en revanche, les maisons forment une structure cohérente, faite sur mesure: il faudrait parler d’une domisation du zodiaque car le Zodiaque, a contrario, est un bricolage quasiment inutilisable isolément, même si son pittoresque amuse le public et que l’astrologie est surtout connu au travers de cet ensemble hétéroclite et hétérogène.  Quant au tarot, on voit bien qu’il est également un assemblage de données récupérées ici et là, qui ne forme pas vraiment un système, en dépit des efforts des commentateurs. A l’origine, probablement, un dispositif mnémotechnique - c’est l’art de la mémoire consistant à associer à une série toutes sortes d’informations. Parfois, ce sont simplement des objets dans une chambre qui servent  de mode de mémorisation, c’est dire qu’un ensemble hétéroclite ne fait pas problème pourvu qu’il soit ordonné une fois pour toutes, ce qui explique que les arcanes soient numérotées.

            Quand on nous déclare que l’astrologie - et notamment le Zodiaque -  est un décryptage d’un langage cosmique, d’une matière spiritualisée, de qui se moque-t-on?  Si l’astrologie fait sens, ce n’est pas en raison de son symbolisme maladroit et fragmentaire mais bien grâce au travail d’organisation a posteriori opéré par les hommes et sans lequel nous n’aurions qu’un pauvre bric à brac tout juste bon à servir à  des associations d’idées, un inventaire à la Prévert. Refuser d’admettre cette vérité,  c’est alimenter le mythe d’un monde préstructuré qui n’aurait pas besoin de l’Homme - avec toute l'ambiguïté qu’a ce terme quand on ne le place pas en dialectique par rapport à la Femme -  pour être ce qu’il est.  Saluons ce travail d'exégèse mené par tel astrologue ou tel tarologue, consistant à inventer du sens, à concevoir des polarités (cf nos Mathématiques Divinatoires, préface de Jean-Charles Pichon, Paris, Trédaniel,  1983, pp. 37 et seq)  En montrant la pauvreté ou la nullité des supports symboliques utilisés, nous n’avons fait que souligner l’apport de ceux qui ont tenté de conférer un agencement  qui ne préexistait pas tout comme d’ailleurs, tout à l’origine, les hommes ont donné du sens à des configurations vides de signification. Le scandale n’est pas de vouloir démystifier ces savoirs prétendument transcendantaux mais de priver les hommes du mérite d’avoir structuré le monde dans lequel ils vivent, d’avoir édifié les murs de leurs demeures.  Il est temps que l’astrologie restitue à l’Homme ce qui lui revient et c’est probablement, en fin de compte, ce qui fait qu’elle est rejetée par ceux qui continuent à croire en l’Homme et ne rêvent pas d’un monde où il serait quantité négligeable, la dernière roue du carrosse, où il serait dépossédé de son génie créateur; c’est probablement aussi pourquoi tant de femmes sont attirées, sans trop bien savoir pourquoi mais pour avoir quelque compte à régler,  par cette science qui sent quelque peu le soufre et qui met sur le compte  du cosmos  ce qui est oeuvre humaine car, quelque part, quand on attribue un savoir à la nature, on l’attribue à la femme aux dépends de l’homme.....Ce qui est tolérable quand il s’agit des sciences physiques ne l’est plus quand il est question des sciences humaines et c’est là précisément ce que sous-tend un certain discours astrologique qui n’a rien d’innocent quand il nous parle de synchronicité ou d’analogie comme si les hommes ne pouvaient pas penser par eux-mêmes, sans se mouler sur quelque réalité cosmique. Les hommes sont peut-être, en effet, prisonniers de lois qui les relient au cosmos mais  ces lois ne sont pas un décodage mais bien un encodage de quelques configurations prises dans l’infini des configurations possibles  et  ce sont eux qui, en dernière instance, les ont fixées.

           

 

Paris, le 11 octobre 2004

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