Le monde au prisme de l’ésotérisme,
l’ésotérisme au prisme du monde

 
 

Editorial

L'objectif du Colloque de novembre 2004 fut de réunir un grand nombre d'astrologues et en ce sens, nous avions là une concentration assez remarquable et rarement vue de chercheurs, alors que dans la plupart des colloques, il n'y a pas plus d'une douzaine d'intervenants et que dans la salle on a surtout des étudiants en astrologie. Colloque au demeurant gratuit, ce qui évitait de faire payer l'entrée à des astrologues chevronnés et non programmés. Colloque "horizontal" plutôt que "vertical", c'est à dire d'abord une rencontre entre pairs et non à des fins proprement pédagogiques. Une sorte de village astrologique au cours de ces quatre jours, si l'on inclut les réunions du 11 et du 14 novembre. Ce Colloque qui fut filmé de bout en bout, non sans quelques contraintes techniques, ne devrait être que le premier d'une longue série car le travail n'y a été qu'esquissé et la formule est encore en rodage. Un des enjeux est de permettre un échange d'idées et de favoriser l'émergence de nouvelles réflexions, de nouveaux chercheurs qui prendraient éventuellement la relève, de susciter des vocations en montrant que le milieu astrologique n'est pas sclérosé, qu'il est capable de se remettre en question ou en tout cas de s'interroger collectivement sur ses fondements, ses méthodes. Chaque colloque est une cuvée différente, plus ou moins épicée ou fruitée : il y aura des bons crus et des moins bons. Celui-ci ne fut certes pas mauvais mais il n'y avait pas toujours assez d'écoute entre les uns et les autres, et les interventions, comme c'est trop souvent le cas, étaient parfois quelque peu décalées les unes par rapport aux autres, en dépit d'un cadrage thématique en six commissions assez rigoureux. Il faudrait que le brassage des idées soit plus vigoureux et que l'on puisse mieux faire apparaître les lignes de force et les clivages. Espérons, en tout cas, que les uns et les autres seront disposés à renouveler l'expérience au cours des mois et des années qui viennent et que ceux qui ne sont pas venus encore nous rejoignent!

Ce Colloque placé sous le signe de l'armistice du 11 novembre 1918 se devait de réfléchir sur la notion d'événement en astrologie - ne convient-il pas que l'astrologue relativise et resitue tout événement aussi marquant soit-il au sein d'un ensemble plus vaste non seulement sur le plan céleste mais sur le plan terrestre, historique? Colloque, au demeurant, marqué par la cyclicité avec la présence symbolique parmi nous de l'américaine Julienne Mullette Sturm - on notera une certaine similitude entre Sturm et Saturn! - jamais revenue à Paris depuis, grâce à qui s'était tenu le Congrès, fondateur à plus d'un titre, de septembre 1974, il y a trente ans : on peut dire en effet que le MAU est né de cette manifestation qui dura une bonne semaine à l'Hôtel Méridien de la Porte Maillot. Bref, dans l'ensemble un Colloque solide, bien structuré somme toutes mais qui semble un peu manquer de souffle par rapport à celui que nous avions tenu au même endroit il y a quatre ans. L'important, au vrai, c'est que d'autres rencontres puissent se tenir dans un avenir proche dans un climat peut-être plus dynamique et plus inspiré. Nous avions pensé interpeller les participants sur un certain nombre de points, nous n'y sommes pas toujours parvenu comme nous l'aurions souhaité et ce, en dépit des nombreuses réunions préparatoires qui furent souvent plus animées que le Colloque lui-même.

Dans ce numéro 2, nous exposerons précisément certains questionnements pour une réflexion post-colloque. Il faudra, en tout état de cause, plus d'un Colloque MAU pour que les débats puissent accéder à une certaine qualité. Les gens sont trop habitués à ne s'écouter que d'une seule oreille et à passer du coq à l'âne. Il ne suffit en tout cas pas de se rassembler en un même lieu et un même temps pour qu'une réflexion collective puisse se mettre en place. Avons-nous véritablement réfléchi ensemble sur les bases de l'astrologie? On est encore loin d'une Nuit du Quatre Août 1789 où les astrologues seraient capables de faire des choix décisifs pour l'avenir. Il eut fallu notamment s'entendre pour condamner certaines pratiques, certains discours, tout cela est malheureusement resté très embryonnaire.
Comment ne pas rapprocher les enjeux astrologiques des enjeux religieux?
Il y a en astrologie des hérésies, des réformateurs, il y a des monothéistes et des polythéistes, il y a des partisans des nouvelles alliances (symbioses) et ceux qui en restent aux anciennes. Et l'astrologie, nous semble-t-il, ne pourra faire l'économie d'une guerre de religion dont elle sortira rajeunie et revigorée, mettant fin à une période de décadence dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Ajoutons que la France a une carte importante à jouer avec l'astrologie car il n'est pas impossible que vienne de France l'astrologie du XXIe millénaire.

J.H.

 

 

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