Droit de réponse de Patrice Guinard concernant l’article

“Les astrologues ont perdu leur temps”

 

Patrice Guinard :

“Je viens de prendre connaissance d'un texte intitulé "Les astrologues ont perdu leur temporalité" (sic) paru sur le site de la cons-jonction (sic), ainsi que d'autres singeries signées Halbronn, ramassis de contre-vérités, étalage de semi-ignorances et d'absurdités dont il est passé maître. Et probablement destinées à un public dont le développement philosophique et mental ne semble pas dépasser la dizaine d'année. Tous les moyens lui sont bons pour mener sa pitoyable petite politique anti-astrologique d'arrière-garde. Il va de soi que répondre publiquement à un tel texte équivaudrait à renourrir l'animal dans son bavoir. Mes textes sur le temps astrologique sont assez connus des lecteurs du CURA, qui n'auront pas besoin d'une plombe pour prendre la mesure du ridicule de ces pitreries”.

 

Jacques Halbronn :

On nous parle de combat d’arrière garde et de politique anti-astrologique. On aimerait savoir en quoi notre démarche pourrait être qualifiée d’arrière-garde. Il semble bien qu’elle soit d’avant-garde au niveau de la pensée astrologique. Certes, nous nous référons à une astrologie originelle mais force est de constater que nous ne cherchons aucunement à préserver frileusement un certain statu quo, c’est le moins que l’on puisse dire.

Quant à une prétendue anti-astrologie de notre part, nous avons déjà dit à quel point ce sont les tenants du thème natal qui sont les vrais anti-astrologues, ceux qui au nom de l’astrologie défendent des valeurs en opposition radicale avec son esprit.

 

Sur la question du Temps, il est un peu facile pour un astrologue de clamer haut et fort qu’il accorde la plus grande importance au Temps puisqu’il travaille avec les planètes et que celles-ci sont porteuses de temporalité du fait de leur cyclicité.  Mais tout le problème réside  bien dans une certaine ambiguïté que nous dénoncions et qui nous fait parler de trahison, en référence à l’ouvrage de Julien Benda, la Trahison des clercs, paru à la NRF en quatre livraisons puis chez Grasset en 1927  (cf  Michel Winock, Le siècle des intellectuels, Paris, Seuil, 1997, pp. 195 et seq), dont on notera peut-être qu’il était israélite comme nous.

Citons un passage de l’ouvrage clef de Benda et qui devrait interpeller les astrologues:

“Ceux qui  avaient pour fonction de prêcher (aux hommes) l’amour d’un idéal, d’un supra-temporel - les hommes de lettres, les philosophes, disons d’un mot les clercs -  non seulement ne l’ont pas fait mais ils n’ont travaillé qu’à fortifier de tout leur pouvoir ces religions du terrestre (...) Tous les moralistes influents de ce dernier demi-siècle ont été de farouches professeurs de réalisme et se sont glorifiés de l’être, quitte à idéaliser ce réalisme (...) C’est ce que j’appelle la trahison des clercs”

 

Il est bien dommage que Patrice Guinard ne prenne pas la peine de répondre à notre article de façon à préciser sa  véritable pensée et par la même occasion qu’il se situe par rapport à la nôtre.

      Il y a peut-être là en effet un certain paradoxe - mais on sait que les savetiers sont les plus mal chaussés - à ce que les astrologues tendent à marginaliser de la sorte le Temps et notamment le temps cyclique puisque tel est le temps propre à l’astrologie. Si l’astrologie a pris en compte, au cours de sa formation, les planètes considérées dans l’Antiquité comme “lentes”, à savoir Jupiter et Saturne, c’est bien parce que les sociétés vivaient ou voulaient s’organiser dans une temporalité amplifiée, bien au delà de celle fournie par le rapport soleil-lune.

       Or, le thème astral qui est désormais au cœur de la pratique astrologique contribue à annihiler la manifestation de ce Temps cyclique tout en prétendant  se fonder sur celui-ci. Il y a là une ambivalence et une confusion entretenue que l’on retrouve dans la Théorie des Ages, chère aux astrologues conditionalistes - mais déjà exposée dans le Tétrabible sous une autre forme - qui, tout en se servant de la vitesse de révolution des planètes, des plus rapides vers les plus lentes, en arrive à une vision linéaire de la vie humaine totalement en contradiction avec l’idée de cyclicité! 

        Comme disait Benda à propos des intellectuels,  nous attendons des astrologues qu’ils nous élèvent au dessus de la condition animale et de la vie au jour le jour ou conditionnée par le cycle des saisons et nous les voyons abaisser leur astrologie pour justifier le moindre événement personnel en déterminant, par les directions et les transits,  un calendrier  qui serait différent pour chacun de nous! Au lieu d’un temps partagé, nous avons basculé vers un temps éclaté, émietté!

         Il est remarquable que le Ciel qui, analogiquement, peut  générer une musique harmonieuse et majestueuse, où chaque phase correspond  à un mouvement,  puisse être réduit à  ces dissonances, à ces grincements discordants, que l’on entend avant le début d’un concert.

         C’est sur ces points que nous attendons que Patrice Guinard nous réponde et non par des imprécations plus ou moins diffamatoires..